Demande d'injonction contre les médias - Homolka dit craindre pour sa vie
Mots clés : injonction
La meurtrière Karla Homolka, disant craindre pour sa vie à sa sortie de prison, réclame une injonction d'une vaste portée destinée à empêcher les médias de publier quoi que ce soit à son sujet.
Signant de son nom légal Karla Leanne Teale, elle affirme que tout ce qu'elle désire, lorsqu'elle sera libérée, entre demain et lundi, est de commencer une nouvelle vie et de demeurer aussi anonyme que possible. «À ma connaissance personnelle, aucune mesure n'a été prise pour assurer ma sécurité après ma sortie du pénitencier et la perspective d'être pourchassée, traquée et poursuivie sans relâche alors que je serai sans protection me fait craindre pour ma vie.»
L'injonction empêcherait les médias de prendre des photos d'elle et de tenter d'obtenir quelque information à son sujet, y compris son adresse, son numéro de téléphone, ses déplacements et l'identité des personnes qu'elle côtoie. Elle vise aussi la diffusion des mêmes informations sur Internet.
La requête en injonction mentionne que les crimes dont Karla Homolka a été accusée ont suscité des sentiments de haine, de colère, d'horreur et de vengeance partout au pays. «Ces sentiments de haine, de colère et de vengeance ont été alimentés et aggravés au fil des ans par la presse nationale et internationale ainsi que sur les sites Internet à travers le monde, dit le document. Il n'appartient pas aux médias ni au public de traquer comme un animal la partie demanderesse au mépris de ses droits fondamentaux prévus à la Charte canadienne des droits et libertés, à la Charte québécoise des droits et libertés de la personne et au Code civil du Québec.»
Karla Homolka doit être libérée de l'établissement de Sainte-Anne-des-Plaines, au nord de Montréal, après avoir purgé 12 ans de prison pour son rôle dans les agressions sexuelles et les meurtres de Kristen French et Leslie Mahaffy, deux adolescentes ontariennes, dans les années 1990.
Selon Christian Lachance, l'un des deux avocats de Karla Homolka, sa cliente a réellement peur.
Mais Tim Danson, l'avocat des familles French et Mahaffy, croit que le véritable motif de la requête en injonction de Karla Homolka pourrait bien être de détourner l'attention de la menace qu'elle représente pour la sécurité publique, en posant à la victime.
L'avocat Mark Bantey, qui représentera plusieurs médias à l'audience en injonction, qualifie la requête de «sans précédent». «Elle nous demande en fait de cesser d'écrire à son sujet, même si elle est une personnalité publique», dit-il.

