Opinion
Agora: Une médecine à double tranchant
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Les médecins ne sont pas la seule pièce maîtresse du système de santé
Les médecins pourraient, comme certains l'ont suggéré, être obligés de respecter un certain nombre d'heures de pratique ou de rendez-vous au réseau public avant d'aller soigner des patients dans un système privé. Le service public s'en trouverait alors allégé. Les partisans de cette option ont peut-être partiellement raison. Mais ils devraient pousser un peu plus loin leur réflexion: qu'en est-il des infirmières, des techniciens en réadaptation ou en anesthésie, des préposés aux bénéficiaires ou même du personnel de soutien?De plus, les salariés de plus bas niveau, comme les préposés aux bénéficiaires, qui, disons-le, n'ont pas la vie facile dans les services de santé (je le sais car je travaille dans la santé), risqueraient de voir leur salaire diminuer dans le privé, comme c'est le cas aujourd'hui dans les centres d'accueil semi-privés. Ce qui revient à dire que les hausses de revenu des infirmières, des techniciens et des médecins dans un réseau privé se feraient sur le dos du personnel auxiliaire et de soutien.
Enfin, les rémunérations plus élevées des infirmières et des techniciens dans un cadre privé mettront de la pression sur le réseau public pour qu'il augmente les revenus des mêmes catégories de personnel. Ainsi, la crise financière du secteur public s'aggravera.
La médecine à deux vitesses incarne une lame à double tranchant: d'un côté, elle permettra, souhaitons-le, une rapidité de service dans les listes du système public tout en améliorant les conditions de travail de certains professionnels au privé; de l'autre, les professionnels, à l'exception des médecins, risquent de migrer vers le réseau privé, aucune mesure de rétention n'étant prévue à ce jour, et les travailleurs moins spécialisés écoperont d'une baisse des conditions de travail tandis que les meilleures salaires des travailleurs spécialisés au privé auront tendance à faire augmenter les coûts de ces classes d'employés dans le réseau public.

