La crise du logement semble s'atténuer
Mots clés : logement

Photo: Patrick Sanfaçon
«Déjà, on voit que c'est moins achalandé que l'an passé et, surtout, qu'en 2002 et 2003. [...] On peut dire qu'il y a plus de logements disponibles et aussi un peu plus de logements à loyer abordables disponibles. On le voit par le nombre de demandes», note Sylvianne Parent du service des communications de la SHQ. «Mais on ne peut pas dire que la pénurie de logements abordables est terminée», nuance-t-elle.
Comme c'est le cas depuis 2001, Québec a mis à la disposition des villes aux prises avec un très faible taux d'inoccupation des suppléments au loyer d'urgence, qui permettent aux ménages à faible revenu de ne pas consacrer plus de 25 % de leur revenu au logement. L'an dernier, le gouvernement du Québec avait alloué 1200 subventions, mais cette année seulement 800 ont été prévues.
À Montréal on a déjà octroyé 390 des 411 unités de supplément au loyer attribuées. La situation ne semble cependant pas préoccuper outre mesure les autorités municipales qui ont reçu l'assurance de Québec que d'autres subventions pourraient venir en cas de besoin.
La diminution de l'achalandage constatée à l'échelle de la province ne se manifeste pas aussi clairement dans la métropole, où la situation est pour le moment «très semblable» à ce qui était observé à pareille date l'an dernier. On remarque néanmoins un plus grand nombre de demandes d'aide refusées, parce que les ménages n'y sont pas admissibles. La Ville précise qu'elle utilise cette année les mêmes critères d'admissibilité que par le passé.
Le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) craint que les suppléments au loyer ne viennent à manquer. Certes, les taux d'inoccupation ont augmenté légèrement depuis l'an dernier, mais les logements sont toujours rares lorsqu'on cherche un loyer à prix abordable. À Montréal, le taux de logements disponibles est maintenant de 1,5, comparativement à 1,1 % l'an dernier. Mais il demeure toujours de 1 % dans le rayon des loyers de 600 $ et moins.
«Au départ, on donnait des suppléments au loyer d'urgence parce qu'il n'y avait pas de logements. Aujourd'hui, les gens ont besoin d'aide parce qu'ils ne sont plus capables de payer, parce que le coût des loyers est élevé ou qu'ils n'arrivent pas à trouver parce qu'ils subissent de la discrimination. [...] La situation des locataires à faible revenu est loin de s'être améliorée», fait valoir le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant.
Gatineau exclue
Quelques dizaines de personnes membres du FRAPRU ont par ailleurs manifesté hier devant le bureau du ministre Benoît Pelletier à Gatineau pour réclamer que la municipalité ait accès au programme de mesures d'urgence du premier juillet.
Seule les villes qui affichent un taux d'inoccupation des logements de 1,5 % et moins reçoivent de l'aide de Québec pour faire face à la pénurie de logements. Or, Gatineau a dépassé ce cap, avec un taux de 2,1 %. Si les prévisions économiques s'avèrent, Montréal sera aux prises avec le même casse-tête l'an prochain.
«Le seuil de 1,5 % est arbitraire. On ne regarde pas s'il y a suffisamment de loyers à prix modique. Le loyer médian à Gatineau est de 110 $ supérieur à celui de Montréal. C'est purement arbitraire», dénonce M. Saillant.
Le conseil municipal de Gatineau a tenté, en vain, de convaincre Québec de changer les règles du jeu. «Sans l'appui des suppléments au loyer, c'est très difficile pour la municipalité de venir en aide aux personnes», déplore le responsable de la sécurité civile de Gatineau, Jacques Rathwell, soulignant que la plupart des nouveaux logements disponibles ne sont pas accessibles aux ménages à faible revenu.
À la SHQ on promet de faire preuve de souplesse et de ne laisser personne à la rue, «même à Gatineau».
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Utiliser les ressources disponibles ! - par Steve Morin
Le jeudi 08 février 2007 17:00

