Hausse de 50 % des primes d'assurance automobile - La SAAQ est libre de sa politique tarifaire

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

PC
Édition du jeudi 23 juin 2005

Mots clés : saaq

Le ministre des Transports dit se préoccuper de la pérennité du système

Québec -- La Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) pourra refiler aux assurés les augmentations de tarifs qu'elle juge utiles, a affirmé hier le ministre des Transports, Michel Després.

«C'est la Société de l'assurance automobile du Québec qui va voir à s'assurer de l'avenir du fonds d'indemnisation. Moi, ma responsabilité, c'est de voir à la pérennité du système», a dit le ministre, flanqué du président de la SAAQ, John Harbour, lors d'un point de presse à Québec.

La loi 55, adoptée l'an dernier, accorde en effet à la SAAQ toute l'autorité nécessaire pour fixer les hausses de tarifs au terme d'un processus d'examen par un comité d'experts et d'une consultation publique.

Mais pour l'heure, «il n'y a pas de scénario d'augmentation sur la table», a insisté M. Després, tentant ainsi d'atténuer les propos de M. Harbour qui, la veille, avait évoqué l'éventualité d'une hausse de 50 % du coût de l'assurance sur cinq ans.

Il s'agit d'un redressement nécessaire pour remettre les finances du régime à flot, avait confié le patron de la SAAQ à quelques journalistes.

«Les chiffres cités dans les journaux ne relèvent que de l'hypothèse», a répété à plusieurs reprises le ministre Després, visiblement embarrassé par les propos du grand commis de l'État.

Reste qu'en vertu de la loi 55, la SAAQ dispose de 15 ans pour renflouer le régime, qui enregistre un manque à gagner d'un demi-milliard de dollars par année.

La question n'est donc pas de savoir s'il y aura bientôt des augmentations de tarifs mais plutôt d'en connaître l'ampleur et leur étalement dans le temps, a reconnu M. Després.

«Cela fait 20 ans que la facture assumée par les assurés est la même mais, en revanche, les coûts d'indemnisation ont augmenté avec le temps. C'est dans cette réalité que l'on est», a expliqué le ministre.

«J'ignore combien de temps nous prendrons pour récupérer [les sommes manquantes] mais, tôt ou tard, il faudra y arriver», a pour sa part commenté M. Harbour, pour qui la nécessité de hausser les tarifs «est une conclusion absolument logique».

Si le ministre Després préfère calmer le jeu, sa collègue déléguée aux Transports, Julie Boulet, n'a pas mis de temps hier à monter aux barricades.

«Il n'est pas question d'accepter qu'il y ait un choc tarifaire», a-t-elle lancé, estimant «injustifiée» l'augmentation de 50 % en cinq ans citée par M. Harbour.

Cette position se rapproche de celle de l'opposition péquiste, qui a dénoncé la voracité de la SAAQ.

La hausse évoquée par M. Harbour «est carrément antisociale», a fait valoir le député de Beauharnois, Serge Deslières.

«Imaginez les travailleurs qui gagnent huit ou neuf dollars l'heure et qui auront à absorber le choc», a-t-il illustré, accusant au passage le ministre Després de se «laver les mains» des hausses concoctées par la SAAQ.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com