Assemblée annuelle des actionnaires - La prudence reste de mise chez CAE

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Claude Turcotte
Édition du jeudi 23 juin 2005

Mots clés : cae, actionnaires

Les coûts du pétrole repoussent le retour à la rentabilité

Robert Brown est à la tête de CAE depuis près d'un an et il y a lancé un important programme de restructuration qui a notamment entraîné l'élimination de 450 emplois. Selon la situation des marchés, d'autres compressions pourraient encore survenir.

Photo: Jacques Nadeau

Presque un an après son arrivée à la direction de CAE et après avoir enclenché un important programme de restructuration, Robert Brown demeure encore extrêmement prudent quant aux perspectives de retrouver un niveau confortable de rentabilité. «Avec du pétrole à 60 $US le baril, ça change les données pour tout le monde», disait-il hier en conférence de presse en pensant surtout à sa clientèle des grandes lignes aériennes américaines qui n'ont pas placé une seule commande de simulateur de vol depuis les événements du 11 septembre 2001.

L'exécution du plan de restructuration mis en place au cours des premiers mois de son mandat a eu comme première étape la consolidation du bilan et la concentration des activités de fabrication, ce qui a entraîné l'élimination de 450 emplois. Les compressions de postes sont-elles terminées? «J'espère que la plus grande partie de ce travail a été faite, mais ça dépendra de la situation des marchés», a-t-il répondu.

En cours d'exercice, CAE a diminué le dividende versé aux actionnaires de 12 ¢ à 4 ¢. Un des actionnaires a profité de l'assemblée générale annuelle d'hier pour demander quand le dividende serait ramené à son niveau antérieur. «Ce ne sera ni à court ni à moyen terme. Nous sommes en période d'investissements, 135 millions cette année», a précisé le président et chef de la direction. La réduction du dividende permet des économies annuelles de 20 millions.

Baisse de la dette

Au cours de l'exercice clos le 31 mars 2005, les efforts de redressement et la vente de certains éléments d'actif ont toutefois permis une baisse substantielle de la dette, passée de 530 à 286 millions, ce qui donne un ratio par rapport à la capitalisation de 30 ou 50 % en comptant la valeur nette des obligations hors bilan. CAE a déclaré une perte de 305 millions, ou 1,23 $ par action, au cours de l'exercice. Les revenus ont quant à eux légèrement augmenté, passant de 938 à 986 millions, ce qui comprenait une hausse de 13 % dans le secteur civil et une baisse de 2 % du côté militaire, lequel est le plus rentable pour CAE à l'heure actuelle.

Au début de l'exercice financier en cours, le carnet de commandes atteignait 2,5 milliards. M. Brown insiste pour dire que 2006 est une année de transition et une grande étape dans le plan de restructuration, qui comprend des règles de discipline financière plus sévères partout dans l'entreprise, la gestion courante, les soumissions et les investissements. Il s'agit aussi de resserrer les processus pour en arriver à des livraisons dans un délai de 14 mois, comparativement à 18 ou 20 mois à l'heure actuelle dans le secteur civil. Pour les simulateurs militaires, les délais sont de 30 mois, mais les marges sont supérieures à 10 %, ce qui n'est pas du tout le cas avec la clientèle civile. Des contrats en cours d'exécution sont même déficitaires.

CAE, qui tire la moitié de ses revenus des services de formation, entend procéder à un repositionnement de ses sites à travers le monde, en fermer quelques-uns mais en ouvrir aussi un pour les avions d'affaires dans la région de New York. Dans le cas des militaires, la formation en simulation ne consiste pas tellement à leur enseigner à piloter un appareil mais plutôt à les préparer à des missions bien précises.

Le taux d'utilisation des simulateurs, qui fonctionnent 24 heures sur 24 dans les centres de formation, dépasse les 70 %, ce qui est très bon. En revanche, les usines qui construisent les simulateurs pourraient produire deux ou trois fois plus qu'elles ne le font à l'heure actuelle. L'objectif actuel consiste donc à faire tous les efforts pour réduire les coûts tout en maintenant le leadership technologique de CAE, qui lui a permis notamment d'être le premier constructeur du simulateur de vol pour le très gros porteur Airbus A380.

Siège social

Enfin, les actionnaires ont appuyé sans aucune opposition le déménagement du siège social de Toronto à Montréal, ce qui permettra une économie de 1,5 million. CAE compte présentement 4800 employés, dont 2800 dans la région montréalaise.


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