Couillard veut réduire du tiers les maladies nosocomiales
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Québec -- Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, est convaincu de pouvoir réduire du tiers la mortalité due aux infections contractées en milieu hospitalier sans qu'il soit nécessaire d'augmenter le budget des hôpitaux.
«Agir pour contrer les infections nosocomiales, c'est rentable», a souligné M. Couillard. Les hôpitaux ont donc tout intérêt à y investir. Parmi les moyens envisagés, le ministre a mentionné l'augmentation du nombre d'infirmières pour atteindre le niveau d'une infirmière par 100 lits dans les centres hospitaliers universitaires, alors qu'il s'élève à une infirmière par 133 lits présentement. De plus, tous les établissements devront se doter d'un comité de prévention des infections.
Les infections nosocomiales causent entre 200 et 300 décès par année dans les hôpitaux et les CHSLD au Québec, a précisé M. Couillard. Dans son rapport, M. Aucoin note qu'il y aurait de 80 000 à 90 000 infections nosocomiales de tout ordre. «C'est un problème coûteux», a-t-il dit. Ces infections coûtent environ 180 millions. C'est aussi un frein à l'accessibilité puisque 1200 lits dans les hôpitaux sont occupés par des personnes souffrant de telles infections. En réduisant de 30 % leur nombre, les hôpitaux réaliseraient des économies de 40 millions par année et libéreraient 360 lits.
Avant l'éclosion du C. difficile, ni les établissements, ni les agences régionales, ni les directions de santé publique, ni le ministère considéraient les infections nosocomiales, a fait observer M. Aucoin. Le Québec accuse un retard par rapport à des pays comme le Danemark, les Pays-Bas, la France, la Belgique, le Royaume-Uni et certains systèmes de santé américains, constate l'expert.
Il s'agit d'une question complexe, estime M. Aucoin. Les hôpitaux présentent de plus en plus de risques: les patients sont souvent très âgés et très malades. En outre, certaines bactéries sont de plus en plus résistantes aux antibiotiques. «À cela s'ajoute un environnement qu'on a vu se détériorer au cours des 15 dernières années: promiscuité des patients, carences dans les habitudes d'hygiène des professionnels et du personnel, carences dans l'entretien ménager, dans l'entretien des équipements et des installations, dans la stérilisation et la désinfection du matériel médical. Et un bon nombre de nos immeubles sont vétustes», affirme Léonard Aucoin.
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Aberration - par Yvan Laurendeau (y.laurendeau@sympatico.ca)
Le jeudi 23 juin 2005 20:00

