Les députés québécois disent non aux tribunaux islamiques
Mots clés :
Québec -- Les tribunaux islamiques n'ont pas leur place au Québec, ni nulle part ailleurs au Canada.
C'est là le message sans équivoque lancé à l'unanimité hier par l'Assemblée nationale du Québec à l'intention des autres Parlements du pays.
Contrairement à ce qui se passe si souvent en Chambre, la motion n'a soulevé aucun débat, tous étant d'accord pour rejeter l'idée de mêler les dogmes religieux au processus judiciaire.
L'implantation de tribunaux islamiques, présentée comme un outil de sujétion des femmes, aurait pour effet, craint-on, de soustraire les citoyens de confession musulmane aux lois canadiennes et québécoises.
La motion d'hier fait suite au rapport de décembre 2004 produit par l'ancienne ministre déléguée à la Condition féminine, Marion Boyd, qui avait été mandatée par le Procureur général de l'Ontario pour examiner cette question sous l'angle de la Loi sur l'arbitrage. Son rapport ouvre la porte aux tribunaux islamiques en vue d'arbitrer des litiges familiaux.
Mme Houda-Pepin a fait valoir qu'il fallait combattre les groupes minoritaires qui cherchaient à se servir de la Charte des droits «pour s'attaquer aux fondements mêmes de nos institutions démocratiques».
«Les victimes de la charia [la loi islamique] ont un visage humain, et ce sont les femmes musulmanes. Pas étonnant qu'elles aient réagi vivement au rapport Boyd. Souhaitons que leur voix trouvera une meilleure écoute auprès du Procureur général de l'Ontario, qui
doit disposer de ce rapport», a dit Mme Houda-Pepin.
Elle a fait remarquer qu'il n'était nullement question ici de liberté religieuse, les musulmans du pays ayant tout le loisir de bâtir leurs mosquées et de gérer leurs écoles musulmanes.
Les efforts d'intégration consentis par des milliers de musulmans ne doivent pas être «anéantis par une mouvance islamiste minoritaire mais agissante, qui cherche à imposer son système de valeurs au nom d'une certaine idée de Dieu», a-t-elle ajouté.
L'idée d'implanter des tribunaux dits islamiques a vu le jour, au Canada, il y a une quinzaine d'années.
Au nom de la charia, a longuement expliqué la députée, on viole les femmes impunément, on les lapide si elles ont des relations sexuelles hors mariage et on coupe les mains et les jambes des voleurs.
Elle craint de plus que ces tribunaux n'institutionnalisent la polygamie et la répudiation des femmes.

