Un contrat sur mesure pour le directeur des communications de Jean Charest

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Robert Dutrisac
Édition du jeudi 19 mai 2005

Mots clés : charest

Michel Guitard perçoit 195 000 $ par an pour 20 heures de services par semaine

Québec -- Rien n'empêche Michel Guitard, le directeur des communications par intérim de Jean Charest, de vendre ses services en même temps qu'il travaille pour le cabinet du premier ministre.

C'est ce qu'il faut comprendre du contrat de 195 000 $ que la firme de M. Guitard, un ancien employé du Groupe Everest, a signé avec le cabinet de M. Charest et des explications qui ont été fournies hier. «M. Guitard pourra avoir d'autres contrats. Mais il n'a aucun autre contrat à l'heure actuelle», a précisé Marie-Claude Champoux, l'attachée de presse du premier ministre.

En vertu du contrat que M. Guitard et Stéphane Bertrand, le directeur du cabinet du premier ministre, ont signé le 1er février dernier, la firme MGTD - Communications et stratégies, dont M. Guitard est le seul actionnaire, se fera payer des honoraires pour 1000 heures de travail effectué du 2 février 2005 au 1er février 2006 à un taux horaire de 150 $, soit un total de 150 000 $. Il s'agit d'une moyenne de 20 heures par semaine, une demi-tâche pour le conseiller en communications. Le contrat, dont Radio-Canada avait obtenu copie, fut rendu public hier.

À ces honoraires de 150 000 $ s'ajoutent 40 000 $ pour des frais de voyage et 5000 $ pour des frais généraux de bureau.

En ce qui touche à l'éthique et aux conflits d'intérêts, M. Guitard a signé les deux directives en matière d'éthique du premier ministre visant les membres du Conseil exécutif et leur personnel de cabinet, a réitéré hier Mme Champoux.

En vertu de ses directives, M. Guitard «ne peut avoir un intérêt direct ou indirect dans une entreprise qui met en conflit son intérêt et les devoirs de ses fonctions». En plus d'être soumis à des règles de confidentialité, le conseiller s'engage également à ne pas accepter de fonction, pour une période de un an, dans des organismes ou entreprises non étatiques avec lesquels il a eu des rapports directs. Il ne doit pas non plus exercer des activités de lobbyiste pendant la même période de un an.

Toutefois, le contrat de service accordé à la firme de M. Guitard ne contient aucune clause touchant les conflits d'intérêts et les règles d'éthiques. Le personnel politique des cabinets ministériels sont tous des salariés. En ce sens, le contrat de M. Guitard est tout à fait exceptionnel.

À l'Assemblée nationale hier, l'opposition officielle a rappelé le cas de Marius Brisson, l'ancien attaché de presse du ministre Jacques Dupuis. M. Brisson avait travaillé pour le ministre pendant quelques mois en vertu d'un contrat de services professionnels accordé à sa firme Solution.com. En octobre 2003. M. Dupuis lui a offert un emploi en bonne et due forme, mais M. Brisson avait choisi de quitter le cabinet. «Pourquoi le premier ministre n'a pas le même niveau d'éthique que le vice-premier ministre [M. Dupuis]?», a demandé hier le député de Chicoutimi, Stéphane Bédard. M. Dupuis a répliqué en soutenant que toutes les règles avaient été respectées. Il a produit une note, datée du 14 avril dernier, du directeur général de l'administration, Guy Deschênes, qui confirme ses dires. Aucun appel d'offres n'est nécessaire pour un contrat de services payé à même la masse salariale d'un ministre, stipule la note.


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