Les FrancoFolies offrent un compromis à Québec

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Bernard Lamarche
Édition du mardi 17 mai 2005

Mots clés : francofolies

«Il est temps de mettre un terme à une dispute entre Québec et Montréal. Notre compétition est à l'international», a dit hier Alain Simard, directeur des FrancoFolies de Montréal, dans une conférence de presse voulant calmer le jeu dans la crise du déménagement des FrancoFolies d'août à juin en 2006, qui cause un embouteillage de festivals estivaux. Les Francos ont promis de retourner à leur case horaire si jamais ce changement nuisait au Festival d'été de Québec (FEQ).

Alain Simard était accompagné d'Isabelle Hudon, de la Chambre de commerce de Montréal, et de Pierre Bellerose, de Tourisme Montréal, qui appuient sa position. Il a réitéré l'importance de la modification des dates, au sujet de laquelle le débat fait rage depuis quelques semaines, notamment le déficit «chronique et structurel» de l'événement.

Afin de calmer les incrédules, Simard a dit qu'il s'engageait «publiquement et irrévocablement» à se rétracter si jamais une étude indépendante montrait au bout de deux ans que le déménagement nuisait au FEQ. Il a demandé au gouvernement du Québec d'autoriser une période d'essai de deux ans pour évaluer le fondement des craintes exprimées par les organisateurs d'autres événements. Les FrancoFolies s'engagent également à laisser à la Fête nationale le premier choix pour la vedette principale et à ne jamais chevaucher les dates des 23 et 24 juin.

Spectra s'est aussi engagée à donner une part de sa visibilité au Festival Présence Autochtone, qui lui aussi craint d'être dans l'ombre des FrancoFolies en juin. Les FrancoFolies offrent à Présence Autochtone «une visibilité promotionnelle» sur son site et dans ses publicités à l'étranger, entendent inviter ses journalistes internationaux à couvrir le Festival des Premières Nations, ainsi que d'assumer les coûts d'un service de navettes gratuites pour inviter ses festivaliers à découvrir l'événement de culture autochtone. Alain Simard a même ajouté que cette offre pouvait dépasser les deux années d'essai, si jamais les FrancoFolies s'installaient à demeure en juin.

Un cadeau empoisonné

Selon André Dudemaine, le directeur de Terres en vues, qui organise Présence autochtone, cette offre des FrancoFolies est un «cadeau de Grec». Dudemaine ne mâche pas ses mots: «En gros, c'est le même discours depuis que le chat est sorti du sac. On sait que Spectra, en coulisse, avait fait des pressions auprès de la Ville de Montréal pour obtenir un changement définitif de dates des FrancoFolies. Quand on a commencé à ruer dans les brancards, on a reçu des offres de Spectra, on est devenu des interlocuteurs et des partenaires. On n'aime pas la séquence, on aurait aimé être consultés dès le départ.»

Mêmes irritants en ce qui concerne la conciliation entre le FEQ et les FrancoFolies, à laquelle Présence autochtone n'a pas été invitée. «En pratique, c'est comme si on avait fait un complot pour nuire aux Premières Nations. C'est le gouvernement Charest qui a fait ça, et nous lui en tenons rigueur. Je trouve indigne la façon dont le gouvernement nous traite dans le dossier».

Le fait que les discussions aient lieu dans la cour du tourisme ne simplifie pas les choses. Selon M. Dudemaine, Charles Lapointe, p.-d.g. de Tourisme Montréal, «outrepasse outrageusement ses fonctions». Terres en vues et Présence autochtone sont membre de Tourisme Montréal. «On n'a jamais été consultés par Tourisme Montréal. Leur soutien à notre événement a toujours été extrêmement timide.»

Ajoutez à cela la liste des appuis de Spectra -- une vingtaine d'artistes et des compagnies comme Air Transat qui «ont tous des lient directs, indirects ou futurs avec Spectra, comme client ou comme artiste», le tout ressemble à «du "bulldozage" organisé. On nous demande de nous avancer dans des eaux où l'on risque de se noyer».


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