Opinion
Théâtre - La recherche du temps perdu
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Le silence est une clé de cette pièce étrange créée en 1982. Pour la comprendre, il faut suivre la ligne tracée par Pinter lui-même: écouter ce qui ne s'exprime pas en mots, devenir attentif à ce qui passe d'abord par le corps. En ce sens, Estelle Clareton a été bien inspirée en consacrant les quelque 20 premières minutes du spectacle à un prélude. Ce prélude fluide, magnifiquement chorégraphié, condense les préoccupations de l'auteur britannique qui cherche à «vérifier le passé», à percevoir la nature de ce qui s'est passé, tout en étant bien conscient de l'extrême difficulté déjà inhérente à la compréhension de ce qui se passe en ce moment même. Sa pièce soulève la question du temps comme facteur à la fois agissant et négligeable dans notre saisie de l'existence.
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