Revue de presse - Le plan C, comme dans «couper les vivres» au Bloc
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Le ton monte dans le ROC à l'endroit du Québec en général et des souverainistes en particulier. À preuve, la chronique de Lawrence Martin dans le Globe and Mail de jeudi. Le chroniqueur affirmait qu'en matière de scandale, «aucune province n'a plus d'expérience que le Québec». Après tout, le politicien qui a écrit le manuel en la matière, c'est Maurice Duplessis. Certes, René Lévesque a quelque peu nettoyé les écuries dans les années 70, mais récemment, «lors de la dernière campagne référendaire, les séparatistes sont revenus aux bonnes vieilles méthodes ancestrales. Des preuves existent selon lesquelles ils ont fraudé», dit-il en évoquant une histoire de «bulletins rejetés» dans les quartiers «ethniques».
Pour Martin, une telle attitude d'«apaisement» a mené au fiasco des commandites. En effet, Ottawa a laissé le Bloc croître sans riposter, ou presque, et l'a même aidé à se financer. «En guise de riposte, Ottawa a décidé qu'il devait obtenir plus de financement pour le Parti libéral au Québec. Et c'est là que le scandale a pris forme.»
La tolérance est une grande valeur canadienne, rappelle Martin, mais «lorsqu'elle est excessive, elle peut provoquer du ressac». Il y a des «limites aux droits démocratiques», ose Martin, se demandant si le fait de tolérer l'existence du Bloc ne devrait pas suffire: «Est-il nécessaire en plus de payer les hypothèques de ces gens, leurs ordinateurs portables et leurs chaussures Florsheim?»
Il y a eu le plan A, fait d'«apaisement»; le plan B, lui, consistait à riposter aux séparatistes. «Ne serait-il pas temps de passer au plan C, pour "couper les vivres"? Plus un sou d'Ottawa!» Martin, qui dit que ce plan C est l'idée de son «ami», trouve l'approche «intéressante». «Mais ça ne fonctionnerait pas», déplore-t-il. En effet, des légions de voix politiquement correctes se feraient entendre, affirmant que ce serait «antidémocratique, que ça créerait un ressac et que ça finirait pas redonner vie au mouvement séparatiste». Or Martin insiste sur un fait: les mêmes personnes craignaient aussi un «ressac» lorsque le gouvernement Chrétien a appuyé les partitionnistes à Montréal ou lorsqu'il a adopté la Loi sur la clarté. Et, dans ces deux cas, «il n'y en a eu aucun».
«Ottawa ne doit pas tomber dans le piège de l'apaisement»: voilà la leçon qu'il faut tirer, dit le chroniqueur, alors que nous traversons une «période charnière». Cela excuse-t-il la magouille? Non, insiste Martin, «mais le scandale doit être remis dans son contexte». Plusieurs Québécois se sentent insultés, certes. «Mais ne devraient-ils pas se demander comment le ROC se sent? Eh bien, encore une fois, il se retrouve devant une guerre intestine, entre des francophones de la bande de Chrétien d'un côté et les nationalistes de l'autre.» (Et qui donc accordait son soutien à la «bande de Chrétien», M. Martin?)
«Du point de vue d'un habitant de l'Ouest, par exemple, il est quand même un peu curieux de voir les Québécois se plaindre alors que c'est un Québécois qui a gouverné ce pays depuis environ quatre décennies.»
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Des surplus budgétaires dans un Québec souverain? «Mais qu'ont-ils donc fumé, les politiciens séparatistes?», tempêtait le Ottawa Sun hier en éditorial à propos du nouveau budget de l'an 1 du Parti québécois, déposé cette semaine. Ce journal de la capitale fédérale n'en revenait tout simplement pas que Bernard Landry et son critique en matière de finances, François Legault, puissent affirmer une telle chose sans rire. Au sujet de Legault, le Sun écrit ceci: «Cet homme doit être titulaire d'une maîtrise ès élucubrations pour estimer qu'un Québec indépendant aurait un surplus de 1,3 milliard en 2005-06 et que ce surplus croîtrait chaque année pour atteindre 4,5 milliards en 2010.» Et après cinq ans? 13,8 milliards!
«Quelle incroyable idiotie! A-t-il oublié quelle quantité d'argent transite d'Ottawa à Québec au moment de la péréquation pour payer le système de santé et les programmes d'immigration? Depuis plus d'une décennie, le Québec a reçu plus d'argent du fédéral qu'il n'en a envoyé, un fait que le premier ministre ontarien Dalton McGuinty a rappelé plusieurs fois au cours des dernières semaines parce qu'il demande que l'Ontario soit mieux traité.» Le chef péquiste, selon le Sun, a oublié que le Québec indépendant serait responsable d'une grande partie de la dette canadienne puisque la province représente 23 % de la population canadienne. «Et se rappelle-t-il que sa province est endettée de 120 milliards?» Pour le ministre des Finances du Québec, Michel Audet, les péquistes vivent dans un conte de fées, «Alice au pays des merveilles». Le Sun conclut: «C'est bien plus poli que les mots que nous emploierions!»
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Al Capone et Paul Martin, même destin? Voilà une idée pour épingler le premier ministre libéral, écrivait Thorold Marsaw dans le Hamilton Spectator hier. Le grand criminel de Chicago Al Capone était coupable de plusieurs meurtres. «Trouver le témoin pour l'accuser formellement était presque impossible. Toutefois, on a pu démontrer assez aisément qu'il avait falsifié son rapport d'impôt. Ainsi, on a pu l'accuser et l'envoyer en prison.» Parfois, la seule manière d'écrouer les vilains, «c'est de s'y prendre par la porte d'en arrière», dit Marsaw. «Et personne ne niera que, dans leur cas, la fin ne justifie pas les moyens.» Évidemment, pour Marsaw, la logique pourrait servir afin d'expulser Paul Martin.
Plusieurs -- le Toronto Star d'hier, par exemple -- considèrent qu'on n'a pas encore trouvé les preuves suffisantes pour incriminer le premier ministre et justifier la fin de son gouvernement. Marsaw insiste: «Il faut voter contre le budget libéral-NPD. Appelez-ça la méthode de la porte d'en arrière si vous voulez, mais c'est peut-être la seule façon de mettre Paul Martin hors circuit.»
arobitaille@sympatico.ca
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