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Franc-parler
Je sais que l'on parle beaucoup de liberté d'expression au Québec, que l'on tient mordicus à ce privilège, à ce droit inaliénable diront certains, mais il m'arrive de me questionner sur la forme que lui donnent de plus en plus certains communicateurs de métier. Car que leur but soit d'informer ou de susciter le débat, en quoi l'utilisation de termes aussi vagues que provocateurs peut-elle servir ces fins?
Cet espèce de laxisme qui tend à laisser croire que tout peut se dire et sous toutes formes n'a rien à voir avec quelque liberté que ce soit, puisque celle-ci se nourrit d'abord de respect. Ni non plus, ajouterais-je, avec le sens critique, qui lui se fonde sur des arguments moins spécieux et une terminologie plus exacte.
Que s'est-il donc passé pour qu'on en vienne à croire qu'il est normal de se défouler sur les autres, d'exprimer sa hargne, ses peurs, ses préjugés sur la place publique et sous le couvert du droit à l'information? Je l'ignore, mais cela me trouble de penser que l'information cède de plus en plus la place au spectacle, alors que la communication, elle, se bute à l'intolérance et à la fermeture d'esprit.
Peut-être suis-je élitiste, mais j'attends mieux de ceux qui ont une influence certaine sur l'opinion de ceux qui les écoutent. Et monsieur Dutrizac, qui a maintes fois fait la preuve qu'il savait saisir l'essentiel de plus d'un sujet, est de ceux-là, ne lui en déplaise.
