Alain Vadeboncoeur - Urgence de reconnaissance
Mots clés : urgentologie
Promoteur reconnu de l'urgentologie, celui qui oeuvre à l'Institut de cardiologie de Montréal a su offrir une réflexion nécessaire à la reconnaissance de cette spécialité. Aujourd'hui, il est un des instigateurs du premier Congrès international interdisciplinaire sur les urgences (CIIU) qui se déroulera à Québec du 26 au 30 juin prochain. Le mouvement de reconnaissance de la médecine d'urgence se profile dans le secteur médical depuis plus de deux décennies, explique-t-il. «Les gens qui oeuvraient dans les urgences se disaient: "on fait des choses spécifiques, on a besoin d'une formation spécifique". Cela nous permet d'être considérés comme une spécialité», indique-t-il.
Selon l'urgentologue, le fait que ce type de médecine «ne soit pas né au moment où il aurait dû naître» a entraîné des impacts majeurs dans le système de santé québécois, dont l'encombrement des urgences n'est que la démonstration. «On a été les champions historiques de l'encombrement. Les durées de séjour dans les urgences, aux États-Unis, sont de deux à trois heures sur civière. Ici, dans les années 1990, il pouvait y avoir des séjours allant jusqu'à deux semaines. Ça signifie que personne ne s'était réellement préoccupé de ces aspects-là. Et moi, je fais un lien avec le fait que la spécialité n'était pas reconnue.»
Pourtant, Alain Vadeboncoeur souligne que le Québec aurait pu participer à l'éclosion de la «culture de l'urgence». Il rappelle que l'université McGill avait mis sur pied, en 1972, une résidence en médecine d'urgence: «C'était la plus vieille résidence en médecine d'urgence en Amérique du Nord. Il s'agissait d'un programme de très, très haut niveau.»
Le premier Congrès international interdisciplinaire sur les urgences permettra certainement de rattraper ce retard et de positionner la médecine d'urgence au coeur des préoccupations montréalaises et québécoises. Les répercussions risquent d'être considérables, note le spécialiste. Ce rendez-vous permettra, entre autres, à l'ensemble des intervenants des urgences -- infirmières, préposés, ambulanciers et médecins -- de partager leurs préoccupations. De plus, les étudiants montréalais en médecine d'urgence pourront côtoyer, le temps d'un congrès, la crème des urgentologues.
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