Alain Vadeboncoeur - Urgence de reconnaissance

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Ulysse Bergeron
Édition du samedi 23 et du dimanche 24 avril 2005

Mots clés : urgentologie

Promoteur reconnu de l'urgentologie, celui qui oeuvre à l'Institut de cardiologie de Montréal a su offrir une réflexion nécessaire à la reconnaissance de cette spécialité. Aujourd'hui, il est un des instigateurs du premier Congrès international interdisciplinaire sur les urgences (CIIU) qui se déroulera à Québec du 26 au 30 juin prochain. Le mouvement de reconnaissance de la médecine d'urgence se profile dans le secteur médical depuis plus de deux décennies, explique-t-il. «Les gens qui oeuvraient dans les urgences se disaient: "on fait des choses spécifiques, on a besoin d'une formation spécifique". Cela nous permet d'être considérés comme une spécialité», indique-t-il.

C'est ainsi qu'en 1979, les États-Unis reconnaissent finalement l'urgentologie comme une spécialité. En 1982, le Canada reconnaît à son tour ce champ de spécialisation. Toutefois, «au Québec, cette idée, qui semble tout à fait logique, a pris environ 20 ans de retard sur le reste de l'Amérique du Nord». Plusieurs raisons expliquent ce retard. Le Dr Vadeboncoeur souligne entre autres la présence importante de médecins de famille qui, dans une certaine mesure, pratiquaient déjà une sorte de médecine d'urgence.

Selon l'urgentologue, le fait que ce type de médecine «ne soit pas né au moment où il aurait dû naître» a entraîné des impacts majeurs dans le système de santé québécois, dont l'encombrement des urgences n'est que la démonstration. «On a été les champions historiques de l'encombrement. Les durées de séjour dans les urgences, aux États-Unis, sont de deux à trois heures sur civière. Ici, dans les années 1990, il pouvait y avoir des séjours allant jusqu'à deux semaines. Ça signifie que personne ne s'était réellement préoccupé de ces aspects-là. Et moi, je fais un lien avec le fait que la spécialité n'était pas reconnue.»

Pourtant, Alain Vadeboncoeur souligne que le Québec aurait pu participer à l'éclosion de la «culture de l'urgence». Il rappelle que l'université McGill avait mis sur pied, en 1972, une résidence en médecine d'urgence: «C'était la plus vieille résidence en médecine d'urgence en Amérique du Nord. Il s'agissait d'un programme de très, très haut niveau.»

Le premier Congrès international interdisciplinaire sur les urgences permettra certainement de rattraper ce retard et de positionner la médecine d'urgence au coeur des préoccupations montréalaises et québécoises. Les répercussions risquent d'être considérables, note le spécialiste. Ce rendez-vous permettra, entre autres, à l'ensemble des intervenants des urgences -- infirmières, préposés, ambulanciers et médecins -- de partager leurs préoccupations. De plus, les étudiants montréalais en médecine d'urgence pourront côtoyer, le temps d'un congrès, la crème des urgentologues.


Vos réactions


Aucun commentaire ... soyez le premier !

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com