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Chantal Desjardins
Envoyé Le dimanche 17 avril 2005 10:00



C'est à l'écoute de la radio de Radio-Canada hier que j'ai entendu parler de l'article Ado Sexo, en fait des articles, du journal le Devoir qui discutaient de ce sujet, articles que j'ai lus après l'émission.

Ce qui m'amène à vous écrire c'est l'espoir que mon commentaire sera lu (c'est la première fois que je fais ça et j'ai 46 ans, c'est dire comment cela me tient à coeur) et mon avis partagé par d'autres ou alors qu'il ouvrira les yeux sur une analyse qui a manqué de noter un aspect majeur de l'affaire.

Au cours de la journée suivant ma lecture, ne pouvant chasser l'horreur, oui l'horreur de cette dérive, que j'appelle ainsi pour fins de concision (et je peux vous assurer que je ne suis pas prude ni n'ai fait voeu de chasteté), une constatation s'est imposée: tous les commentaires entendus ou lus hier, ceux de M. Le Bigot et de son équipe (je lui ai transmis le même commentaire que je présente ici) et l'avis des 2 ou 3 sexologues et des autres intervenants auprès des jeunes qui étaient cités dans l'article Ado Sexo, ignoraient un fait d'importance: l'asservissement des jeunes filles sur l'autel du plaisir des jeunes garçons.

Je comprends que les garçons sont aussi victimes d'un monde où sexualité rime avec pornographie et qu'il faut les éduquer tout autant que les filles à des valeurs de vie, d'amour, etc, MAIS et c'est un grand mais, toutes les pratiques relatées dans Le Devoir mettent les filles au service des garçons.

Et de mon point de vue, cette évacuation d'une analyse en fonction des rôles entre filles et garçons et du pouvoir de ceux-ci sur celles-là m'apparaît au tout à fait aberrante. De toute évidence les parents et la société j'en conviens, trouvent "normal" que les filles soient au service des garçons et ça je trouve cela extrêmement désolant et au moins aussi grave que la dérive en question.

Je pourrais continuer sur ma tristesse de constater que les femmes ne se voient plus comme féministes (on en a parlé sur les ondes de Radio-Canada lors de la journée de la femme) avec pour conséquence qu'à l'évidence leur absence d'agir, ou une action qui n'émane pas d'un point de vue féministe, a un impact dans toutes sortes de sphères dont cette dérive de la sexualité chez les jeunes.

J'arrêterai toutefois ici avec l'espoir que mon commentaire résonnera chez certains lecteurs car en effet le reportage Ado Sexo était choquant tant par ce qu'il disait que par ce qu'il taisait...

Chantal Desjardins
Avocate, Montréal
17 avril 2005

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