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À peine surprise

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Micheline Carrier
Envoyé Le samedi 16 avril 2005 08:00



Je ne suis pas très surprise de cette situation. Il y a 25 ans, les féministes prévoyaient cette hypersexualisation des jeunes et la banalisation de la violence sexuelle si on continuait de déréglementer la pornographie et d'en encourager la propomotion partout. On a traité ces féministes d'alarmistes et de puritaines, comme on le fait aujourd'hui quand elles dénoncent la banalisation de la prostitution et la promotion qu'on en fait d'un "métier comme un autre". Tout cela est lié. Les sexologues découvrent cette situation désolante chez les jeunes du primaire et du secondaire. Ce n'est pas sans rapport avec l'accroissement de la prostitution chez les jeunes. L'âge d'entrée dans la prostitution est de 14 ans Canada, 13 au niveau international. Au lieu de lutter contre la prostitution, on cherche à la normaliser.

L'hypersexualisation que vous découvrez chez les jeunes de 8 ou 10 ans préparent la relève dans la prostitution. Même les organismes officiels se ferment les yeux: le Conseil permanent de la jeunesse, dans son rapport d'avril 2004, a recommandé de décriminaliser les clients des jeunes prostitué-es. À Ottawa, le sous-comité sur le racolage cherche non les moyens de combattre la prostitution et d'aider les prostitué-es à en sortir, mais à organiser la prostitution afin qu'elle ne dérange pas trop le voisinage. Avec de telles attitudes, on ne s'étonnera pas que les groupes qui défendent le présumé droit de se prostituer aient la cote, des subventions considérables sous le couvert de la sensibilisation et de la prévention du sida, bien qu'ils ne représentent qu'une infime partie des prostituées. Pendant ce temps, les groupes qui luttent contre la prostitution et aident les femmes et les jeunes à en sortir reçoivent peu d'attention et peu de ressources.

Toute la société adulte est responsable de cette situation parce que nous avons tous et toutes tendances à banaliser la pornographie, la prostitution et l'exploitation sexuelle en adoptant une attitude de fausse libération sexuelle.

La question à se poser est la suivante: À qui ont profité et profitent l'hypersexualisation des enfants et des ados, la déréglementation complète et la banalisation de la pornographie, et maintenant la tendance à considérer la prostitution un métier comme un autre, en occultant toutes les conséquences sur les enfants, les femmes et la société en général? On en est même rendu au Canada, et encore plus au Québec, à justifier la traite des femmes (mal nommé trafic sexuel) par la nécessité de répondre à la demande de "main-d'oeuvre" de l'industrie du sexe, qu'on sait contrôlée en bonne partie par le crime organisé.

Et comme il y a 25 ans, on accuse les féministes de puritanisme, d'extrémisme, d'alarmisme, parce qu'elles dénoncent cette situation.

Suivez la trace des $$$ et vous saurez à qui profite la commercialisation du sexe et la prostitutionnalisation de la société.

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