Succession du pape - Le conclave s'ouvrira le 18 avril
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Le testament de Jean-Paul II sera rendu public aujourd'hui

Photo: Agence Reuters
La population de Rome, qui compte 3,7 millions d'habitants, risque de doubler demain pour les funérailles de Jean-Paul II, décédé samedi à l'âge de 84 ans. Des renforts de police ont été appelés dans la Ville éternelle et les autorités sont sur les dents pour assurer la protection de la marée humaine attendue et des dizaines de chefs d'État et têtes couronnées qui participeront aux obsèques. Le système de défense antiaérienne est en alerte autour de Rome et un bâtiment de la marine armé de torpilles patrouille le long de la côte non loin de la capitale.
Le président américain George W. Bush s'est recueuilli devant la dépouille de Jean-Paul II immédiatement après son arrivée en provenance de Washington, hier soir.
Pour la troisième journée consécutive, le Collège des cardinaux s'est réuni au Vatican hier pour régler les détails des funérailles pontificales et de la succession.
Cette fois, les cardinaux ont fixé la date du conclave, qui commencera le 18 avril, et ils ont également lu le testament spirituel de Jean-Paul II, un document de 15 pages, écrit par le pape dans sa langue maternelle polonaise. Jean-Paul II l'a rédigé tout au long de son pontificat, s'y attelant dès 1979, l'année suivant son élection à la tête de l'Église catholique.
C'est le «testament spirituel, très, très émouvant d'un homme qui vivait avec le Seigneur», a confié le cardinal américain Francis George sur CNN.
Des copies de ce testament, en polonais et dans la traduction italienne, devraient être diffusées aujourd'hui, selon le porte-parole du Vatican Joaquin Navarro-Valls. Mais il a d'ores et déjà précisé que le texte ne levait pas le mystère entourant le cardinal in pectore (dans le secret de son coeur) nommé par Jean-Paul en 2003.
Cette formule étant destinée à nommer un cardinal dans un pays où l'Église est opprimée, beaucoup pensaient ainsi qu'il pouvait s'agir d'un prélat de Chine, Pékin ne reconnaissant que l'existence d'une Église catholique officielle. Mais le nom de l'archevêque polonais Stanislaw Dziwisz, le secrétaire particulier de Jean-Paul II, son plus proche collaborateur, qui était à son chevet au moment de sa mort, avait aussi été évoqué.
L'annonce du Vatican met fin aux spéculations sur la possibilité qu'un cardinal électeur supplémentaire vienne rejoindre le conclave.
Ce sont donc 116 cardinaux, après la défection annoncée du Philippin Jaime Sin, archevêque émérite de Manille, trop malade, qui se réuniront en conclave le 18 avril pour élire le futur pape. Mgr Sin était l'un des rares cardinaux électeurs à avoir participé au conclave précédent qui avait élu Jean-Paul II en 1978, avec l'Américain William Baum et l'Allemand Joseph Ratzinger, préfet de la puissante congrégation de la doctrine de la foi.
Les cardinaux électeurs, c'est-à-dire âgés de moins de 80 ans, célébreront une messe le matin avant de s'enfermer en début d'après-midi dans la chapelle Sixtine, a précisé le porte-parole du Vatican Joaquin Navarro-Valls. Selon les règles apostoliques, un premier vote doit avoir lieu dès le premier jour du conclave selon les règles apostoliques.
Compte tenu des foules attendues demain pour les funérailles de Jean-Paul II, Joaquin Navarro-Valls a exclu hier que la dépouille pontificale soit transportée à travers Rome avant son inhumation jusqu'à la basilique Saint-Jean de Latran, comme cela avait été le cas pour Pie XII en 1958. Jean-Paul II sera inhumé dans la crypte de la basilique Saint-Pierre de Rome immédiatement après la messe célébrée à partir de 10h, place Saint-Pierre, qui devraient durer deux heures et demie. Mais des écrans géants seront installés à Saint-Jean de Latran pour que les fidèles qui s'y réuniront puissent suivre les funérailles.
D'après l'archevêque Piero Marini, maître de cérémonie des célébrations liturgiques, Jean-Paul II a fait savoir qu'il souhaitait être «mis en terre». Le pape, a-t-il expliqué, sera enterré avec un voile de soie blanche sur le visage, vêtu des habits pontificaux et portant la mitre blanche. Conformément à la tradition, sa dépouille sera placée dans trois cercueils -- bois, zinc et bois -- pour ralentir le processus de décomposition. Un petit sac de médailles commémoratives frappées lors de son pontificat et un document scellé décrivant brièvement en latin sa vie seront enterrés avec lui. En revanche, il ne devrait pas y avoir de terre polonaise, comme le souhaitaient ses compatriotes.
D'après son médecin personnel, le Dr Renato Buzzonetti, Jean-Paul II «est mort lentement, dans la douleur et des souffrances qu'il a endurées avec une grande dignité». Le souverain pontife, ajoute-t-il cité par le quotidien La Repubblica, «n'a pas pu prononcer un seul mot avant de mourir».

