Fondation des bourses du millénaire - L'argent sera disponible, dit Fournier convaincu

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Marie-Andrée Chouinard
Édition du jeudi 07 avril 2005

Mots clés : bourse

Peut-être encouragés par le vent d'été qui soufflait hier sur Montréal, des étudiants toujours en grève ont crié haut et fort leurs 103 millions de bonnes raisons de courir pour la cause étudiante...

Photo: Pedro Ruiz

Alors qu'environ 80 000 étudiants rejettent l'entente proposée par Québec, le ministre de l'Éducation s'est défendu hier d'être à la merci des conditions émises par la Fondation des bourses du millénaire, qui a pourtant clairement indiqué le caractère conditionnel de sa contribution salvatrice de 40 millions de dollars.

Dans un communiqué émis samedi au moment où le ministre Jean-Marc Fournier dévoilait les détails de l'accord de principe conclu avec les fédérations étudiantes, la Fondation des bourses du millénaire (FBM) indiquait en effet la nature conditionnelle de sa contribution de 40 millions, échelonnée sur quatre ans. Cet apport fédéral inattendu, combiné aux 100 millions du Programme canadien de prêts aux étudiants, a facilité l'accord de principe.

«La participation de la fondation demeure toutefois conditionnelle à la ratification de l'accord de principe par les diverses parties en présence», indique clairement le communiqué émis sur le site Internet de la fondation.

Le ministre de l'Éducation, Jean-Marc Fournier, a réagi hier à cette brèche mentionnée la veille dans Le Devoir. «L'entente avec la Fondation canadienne des bourses du millénaire [stipule] que dès qu'il y a entente de principe avec les leaders et que le gouvernement pose le geste qui est mentionné dans l'entente, qui est d'amener 70 millions et 103 millions, la fondation amène aussi son apport», a affirmé le ministre lors d'un point de presse à Québec. «C'est ce qu'on a, et ça ne change pas. Je n'ai pas d'inquiétude à ce niveau-là.»

M. Fournier a aussi indiqué que cet accord de principe doit être ratifié par les étudiants, un processus qui doit encore se poursuivre aujourd'hui et demain. «C'est évident que c'est une entente de principe», a convenu le ministre. «On cherche à ce que les étudiants y adhèrent. Mais la tendance qu'on voit dans les votes [nous indique] qu'il y aura ratification. Et, encore une fois, il faut laisser le temps au processus.»

Choqué par l'assurance du ministre, le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Pier-André Bouchard-St-Amant, décode une certaine «panique» dans les propos de son vis-à-vis. «Voilà un signe de panique de la part du ministre de l'Éducation, qui nous sort ce genre de choses quand il commence à sentir qu'il perd le contrôle», a-t-il expliqué hier, cependant encouragé par les signaux envoyés par ses associations. «C'est dans la même lignée que tout ce qu'il nous a servi de paternaliste et d'autoritaire depuis le début du conflit.»

L'invitation formulée par la FEUQ d'accepter l'entente de principe semble être entendue par les associations membres: hier encore, l'Université du Québec à Rimouski s'est ajoutée au lot des 50 000 étudiants qui ont acquiescé à l'offre de Québec pendant que 10 000 la refusaient. 20 000 membres de la FEUQ doivent encore être sondés prochainement.

Toutefois, le portrait collégial est toujours divisé: 50 000 cégépiens ont rejeté l'offre alors que 54 000 lui ont donné leur aval. Des associations membres de la FECQ, notons que huit ont approuvé l'entente de M. Fournier, contre sept qui l'ont rejetée.

Dans certains cégeps et même à l'université, certaines des associations qui ont refusé l'entente l'ont toutefois fait avec une mince majorité, ce qui laisse croire à certains observateurs qu'une reprise du vote -- telle que prévue aujourd'hui dans nombre d'associations -- pourrait faire basculer la tendance.

«Les taux de reconduction des grèves sont plus faibles et on sent une inquiétude chez certains étudiants à cause des complications scolaires que pourrait entraîner une poursuite de la grève», a expliqué hier Joël Nadeau, coordonnateur de l'Association facultaire de lettres, langues et communication (AFELLC) de l'UQAM.

À l'UQAM, ce sont maintenant environ 25 000 des 40 000 étudiants qui ont rejeté la proposition du ministre et par conséquent choisi de poursuivre la grève. La commission des études de l'université a d'ailleurs voté mardi pour une prolongation du trimestre d'hiver de deux semaines en vue de le conclure le 8 mai. Ceci aura pour effet de reporter le début du trimestre d'été d'une semaine.

Le chapitre final de cette saga étudiante commencée le 24 février n'est pas encore écrit: lors d'un congrès téléphonique cette fin de semaine, la FEUQ doit décider de la manière dont elle calculera l'adhésion de ses membres. L'ensemble des associations membres s'y prononcera et soupèsera les éléments à considérer pour juger de la conclusion de l'événement.

La FECQ songe aussi à tenir une instance spéciale, possiblement téléphonique, de manière à joindre l'ensemble de ses membres établis en région. La présidente de la FECQ, Julie Bouchard, n'a toujours pas pris la parole depuis que cet accord de principe est connu, mais elle pourrait le faire demain.

Avec la collaboration de Tommy Chouinard


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