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Il faut assumer
D'un autre côté, plusieurs grandes entreprises ont vu dans le mouvement des logiciels libres une avenue intéressante pour écraser la compétition et augmenter leur part de marché : elles financent d'immenses projets (comme Eclipse et Firefox) ce qui tue carrément les produits compétiteurs (comme IntelliJ et Opera) en plus de leur permettre d'intégrer ces produits dans leur gamme de produits propriétaires si la licence le permet. De plus, que diraient les libraires si demain matin, on distribuait les livres gratuitement? On peut aussi étendre cette logique à tous les produits et les services. Il apparaît alors évident que l'on assiste à une remise en question de la profession de développeur logiciels : si on ne peut plus gagner sa vie ainsi parce que l'on ne peut plus obtenir une rétribution juste pour le travail qu'on a accompli, le métier devient alors rapidement l'apanage des plus riches ou de ceux travaillant pour les grosses corporations. On peut réfuter qu'il restera toujours un marché pour des applications spécialisées ou plus complexes, mais si le mouvement des logiciels libres a réussi à accoucher d'un système d'exploitation (Linux), il semble alors que ce mouvement soit capable de tout, ce qui est tout de même extraordinaire en soi.
La communauté des logiciels libres aura bientôt à se poser certaines questions sinon elle contribuera elle-même à son déclin. En attendant, il existe plusieurs façons de diminuer ses goûts et d'augmenter ses revenus avec un logiciel libre. Des sites comme SourceForge.net offrent une multitude de services gratuits (hébergement web, ferme de compilation, contrôle des sources) pour les projets de logiciels libres. De plus, il est toujours possible comme il est mentionné dans l'article de souscrire à un programme de dons ou de vendre une documentation plus détaillée ou une version commerciale du produit. La publicité reste d'après mon expérience le moyen le plus répandu d'obtenir un revenu faible, mais durable pour un projet de logiciel libre. Pour ma part, j'hésite souvent à donner des dons à des projets de logiciels libres, préférant réserver cet argent pour acheter des licences personnelles ou étudiantes de logiciels propriétaires, mais innovateurs provenant de petites entreprises.
Barthélémy Dagenais
Étudiant en informatique et génie logiciel, UQÀM
Créateur du projet de logiciel libre EasyUnit (http://easyunit.sourceforge.net)
