La CASSEE demande aux étudiants de rejeter une «entente au rabais»

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Malorie Beauchemin
Édition du lundi 04 avril 2005

Mots clés : cassee

Manifestation étudiante à Montréal, jeudi dernier. Dans les prochains jours, les associations étudiantes des collèges et des universités du Québec, qu'elles soient membres de la FEUQ, de la FECQ ou de la CASSEE, devront décider, en assemblée générale, si elles acceptent l'offre du ministre Fournier ou si elles poursuivent les moyens de pression.

Photo: Jacques Nadeau

Les représentants de la Coalition de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante élargie (CASSEE) ont invité, hier, l'ensemble des associations étudiantes à rejeter l'entente conclue vendredi entre les fédérations étudiantes et le ministre de l'Éducation Jean-Marc Fournier sur le réinvestissement dans les programmes de bourses en éducation.

«On invite l'ensemble des étudiants, pas seulement nos membres, à rejeter l'offre et à dire au ministre que non, ce n'est pas acceptable, ce n'est pas suffisant», a déclaré la porte-parole de la CASSEE, Héloïse Moysan-Lapointe, à l'issue d'un point de presse tenu hier, à Québec, alors que les membres de la coalition se réunissaient en congrès.

«C'est un rejet total et catégorique. Il s'agit d'une entente au rabais qui ne satisfait pas les membres de la CASSEE», a ajouté la porte-parole.

Rappelons que l'entente de principe intervenue vendredi entre les fédérations étudiantes universitaire et collégiale (FEUQ et FECQ) prévoit la réinjection de 70 millions de dollars en bourses, dès septembre prochain. Pour les quatre années suivantes, les 103 millions demandés par les fédérations seront réinvestis par le gouvernement Charest, en partie à partir de ses propres fonds, et le solde par l'entremise de deux programmes fédéraux, la Fondation canadienne des bourses d'études du millénaire et le Programme canadien de prêts aux étudiants. Au total, 482 millions de dollars seront réinvestis en bourses sur une période de cinq ans.

«Ce n'est même pas un retour au statu quo. On n'a rien pour cette année, moins de 103 millions pour l'année prochaine, et ce n'est que l'année suivante qu'on verra le retour complet des 103 millions, a expliqué Héloïse Moysan-Lapointe au Devoir. En plus, aucune mention n'est faite dans l'entente de principe concernant le réseau collégial, que le ministre Fournier est en train de laisser aller au démembrement.»

La CASSEE dénonce le fait que les fédérations ont accepté de ne négocier que sur la question des 103 millions et de ne pas «profiter du plein potentiel de cette mobilisation extraordinaire». La faction considérée comme plus radicale des associations étudiantes souhaitait davantage protéger et améliorer l'accessibilité à l'éducation.

Aucun plan d'action n'a encore été adopté pour la suite des événements, la CASSEE souhaitant d'abord consulter «en profondeur» les assemblées générales de leurs membres qui décideront si la grève doit être poursuivie. La plupart des associations étudiantes se réuniront en assemblée d'ici à mercredi, selon la porte-parole de la coalition qui rassemble plus de 50 000 grévistes, mais ,d'ici là, pas question de retourner en cours.

La FEUQ incite à approuver l'entente

Le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Pier-André Bouchard a réitéré au Devoir, hier, son intention d'inciter tous les étudiants à voter en faveur de l'entente de principe lors des assemblées générales de cette semaine. «À ce stade-ci, c'est la meilleure proposition qu'on a reçue, on est allé chercher le mieux qu'on pouvait aller chercher», a dit M. Bouchard. La FEUQ se donne une semaine pour faire la tournée des assemblées générales et informer les étudiants sur l'entente. «Reste à voir comment les associations vont se comporter», a-t-il ajouté.

Sur l'entente intervenue vendredi, la FEUQ s'est dite par contre «déçue» des 33 millions manquants la première année pour arriver aux 103 millions demandés. «Mais on pense malgré tout que c'est une excellente proposition», a tempéré Pier-André Bouchard.

Quant à la position de la CASSEE, qui rejette l'entente, le président de la FEUQ s'est contenté de souligner: «C'est leur choix, pas le nôtre.»

La FECQ attend le verdict des membres

Du côté de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), qui a négocié l'entente avec le ministre Jean-Marc Fournier aux côtés de la FEUQ, sa présidente, Julie Bouchard, s'est dite satisfaite de l'offre.

«Deux paramètres importants ont été respectés. D'une part, le montant; les 103 millions réinvestis, a-t-elle souligné. D'autre part, l'endroit où l'argent sera réinvesti, c'est-à-dire dans la baisse du plafond de prêts et non pas dans une remise de dettes à la fin de la scolarité, qui reviendrait à des bourses "à la diplomation".»

Mais la FECQ se défend bien d'inciter ses associations membres à voter d'un côté ou de l'autre. «On respecte le fonctionnement de nos instances. On s'en remet donc aux assemblées générales, qui devront étudier le pour et le contre de l'offre», a déclaré Julie Bouchard.

«Ce qu'on espère, c'est que le plus d'étudiants possible puissent se prononcer sur la proposition du ministre Fournier», a-t-elle ajouté. Des 34 cégeps en grève, seulement 14 sont membres de la FECQ, soit quelque 45 000 étudiants collégiaux actuellement privés de cours.

Landry critique la gestion de la crise

Alors que le premier ministre Jean Charest s'est réjoui de l'entente de principe conclue vendredi, le chef de l'opposition péquiste Bernard Landry a critiqué avec virulence la façon dont le dossier a été géré par le gouvernement libéral.

«L'orgueil de Jean Charest, son entêtement et son manque de vision ont fait perdre 130 millions de dollars aux étudiants déjà. Des milliers d'heures de cours et d'enseignement ont été perdus. Jean Charest doit avoir cela sur la conscience», a-t-il déclaré.

Bernard Landry a salué le courage des étudiants qui ont persisté dans leur combat, pour finalement venir à bout du gouvernement. Il a aussi rappelé que le Parti québécois donnait raison aux étudiants, en leur laissant le choix des moyens d'action.

Selon lui, l'image de ce gouvernement sera entachée par la crise, et laissera dans la conscience de la jeunesse québécoise, «l'exemple d'une mauvaise décision et d'un entêtement qui a duré un an».

Avec la Presse canadienne


Vos réactions


De la place pour un débat - par Josianne Millette (josianne.millette@laposte.net)
Le mardi 05 avril 2005 13:00

Prêts, bourses et réalisme - par Claude Lamontagne (claude.lamontagne@sympatico.ca)
Le lundi 04 avril 2005 21:00

non à l'entente - par Delphine Théberge (delphine.theberge.1@ulaval.ca)
Le lundi 04 avril 2005 21:00

Le vocabulaire - par Jean-Guy Beaulieu (beaulieujeanguy@sympatico.ca)
Le lundi 04 avril 2005 07:00

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