Les conclaves: des huis clos aux règles strictes où tout est possible
Mots clés : conclave
Cité du Vatican -- Le conclave des cardinaux qui élira le prochain pape est un huis clos qui obéit à des règles strictes, mais où tout est possible, surtout l'imprévu.
Mais auparavant (dès aujourd'hui, en fait), ils se réuniront en congrégations générales préparatoires (également à huis clos) pour échanger librement leurs réflexions sur l'avenir de l'Église.
Le conclave (cum clave, «sous clef») proprement dit se déroulera dans la chapelle Sixtine. Les cardinaux logeront dans la maison Sainte-Marthe, un ancien hospice à proximité de la chapelle réaménagé en résidence.
À l'ouverture du conclave, les cardinaux prêteront le serment de garder le secret. Toute communication avec l'extérieur (lettre, téléphone, télécopieur, Internet, journaux) sera strictement interdite, sauf pour raisons graves. Le camerlingue (le cardinal Eduardo Martinez Somalo) sera chargé de veiller au secret pendant et après les scrutins. Le secret s'impose aussi, sous peine d'excommunication, au personnel affecté à l'intendance.
Le conclave commencera par une «messe votive pour l'élection du pape» présidée par le doyen du collège des cardinaux, le cardinal allemand Joseph Ratzinger, dans la chapelle Pauline. Puis les cardinaux se rendront en procession dans la chapelle Sixtine en chantant le «Veni Creator» pour invoquer l'Esprit saint, «le véritable électeur du futur pape», soutient un cardinal, rappelant aussi que «l'Esprit saint souffle où il veut».
La procédure
La majorité des deux tiers est nécessaire pour qu'un nouveau pape soit élu. L'abstention n'est pas possible. Deux tours de scrutin sont organisés chaque matin, deux autres l'après-midi. Puis les bulletins sont brûlés. La couleur de la fumée (noire en l'absence de résultat, blanche si le pape est élu) indique au monde extérieur l'issue des scrutins de chaque session.
Après trois jours sans résultat, le scrutin est suspendu pour une journée de prières et d'échanges, puis une nouvelle série commence. En cas de blocage, les cardinaux peuvent recourir à la majorité absolue.
Jean-Paul II a été élu le 16 octobre 1978, deux jours après le début du conclave, vraisemblablement au huitième tour. Selon de savants calculs, les vaticanistes estiment qu'il a reçu 97 ou 99 voix sur 111 votants.
Quelques acteurs des précédents conclaves se sont, après-coup, risqués à des indiscrétions.
Le cardinal Franz König, ancien archevêque de Vienne et électeur de Paul VI, Jean Paul Ier et Jean-Paul II, a ainsi raconté que Jean-Paul Ier, élu le 26 août 1978, avait, bouleversé, voulu rejeter son élection.
Après avoir donné sa bénédiction à la foule, le pape «ne parlait presque plus, sinon pour se plaindre de nous de l'avoir élu», a-t-il raconté.
Pour Jean-Paul II, certains cardinaux ont exprimé la crainte que l'élection d'un pape polonais provoque des réaction négatives dans le monde communiste, a encore dit le cardinal König.

