Vendredi saint à Rome - Le pape offre sa souffrance aux pèlerins

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AP
Édition du samedi 26 et du dimanche 27 mars 2005

Mots clés : pape

Un homme incarne le Christ portant sa croix lors d'une procession en Espagne.

Photo: Agence Reuters

Rome -- Trop fatigué et malade pour participer au chemin de croix du Vendredi saint, le pape Jean-Paul II est toutefois apparu hier soir sur des écrans géants lors de la procession. C'est la première fois en 26 ans de pontificat qu'il ne participe pas à ce rite.

L'absence du pape aux cérémonies de la semaine sainte se faisait lourdement sentir en ce Vendredi saint, où les chrétiens revivent les souffrances et la mort du Christ sur la croix. Les milliers de fidèles rassemblés près du Colisée ont vivement applaudi lors de son apparition. Sur l'écran vidéo, le souverain pontife est apparu assis, seul, en train de regarder la cérémonie sur un écran de télévision.

Jean-Paul II a également adressé un message à la foule, lu par le cardinal italien Camillo Ruini. Dans ce texte, le pape dit «offrir sa souffrance pour que le dessein de Dieu soit accompli». «Je me sens proche de tous ceux qui subissent l'épreuve de la souffrance. Je prie pour chacun d'entre eux.»

La télévision vaticane avait installé des écrans géants au Colisée, mais la décision de transmettre les images du pape n'a été prise qu'à la dernière minute. «Il va nous manquer, mais nous savons qu'il est là, même si ce n'est pas physiquement», a commenté Cecilia Paolombo, une Italienne de 20 ans, qui distribuait des flambeaux aux pèlerins.

Jean-Paul II avait dû arrêter il y a quelques années déjà de porter la croix lors de la procession du Colisée en raison de ses problèmes de santé. Mais il continuait de présider cette cérémonie aux chandelles au monument romain, lisant des prières à la foule.

«Il est évident que le pape porte une croix très lourde, et il nous donne un merveilleux exemple de patience face à la souffrance, une longue souffrance qui porte en elle-même une vertu», a estimé l'archevêque américain John Foley, président du Conseil pontifical pour les communications sociales, interrogé sur Radio-Vatican.

Dans la matinée, Jean-Paul II n'avait pu entendre les confessions des fidèles dans la basilique Saint-Pierre de Rome, comme il le fait traditionnellement le Vendredi saint. Le cardinal américain James Stafford avait été désigné pour le remplacer dans l'après-midi lors de la messe dans la basilique. L'homélie a été prononcée par le père Raniero Cantalamessa, prédicateur de la maison pontificale.

Le pape a choisi le cardinal allemand Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation de la doctrine de la foi, pour composer les méditations et prières qui seront lues lors des 14 stations du chemin de croix. À cette occasion, il a dénoncé l'immoralité, y compris la «saleté» au sein de l'Église, probablement en référence aux scandales sexuels qui ont touché le clergé.

Pour le Jeudi saint, le souverain pontife avait suivi depuis ses appartements les services en la basilique Saint-Pierre de Rome, où un cardinal a lu un message aux fidèles de sa part lors de la messe de la Cène du Seigneur, rappelant le dernier repas du Christ. «Avec mon esprit et mon coeur, je suis près de vous», avait dit le pape dans son message.

Rentré le 13 mars au Vatican après son deuxième séjour en un mois à la clinique Gemelli, Jean-Paul II semble ne se rétablir que lentement après la trachéotomie qu'il a subie le 24 février. Ses rares apparitions ou les images diffusées lors du dimanche des Rameaux n'avaient pas vraiment de quoi rassurer des fidèles inquiets, qui ont vu un pape amaigri et visiblement malade.


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