Démocratiser l'information scientifique

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Marilyse Hamelin
Édition du samedi 26 et du dimanche 27 mars 2005

Mots clés :

L'UQAM travaille à mettre sur pied l'accès libre et la circulation gratuite des articles scientifiques sur Internet. Pourquoi? L'auto-archivage par les universités permet une plus grande diffusion des résultats de recherche.

Il existe environ 24 000 revues scientifiques à travers le monde. Pourtant, les chercheurs ne sont pas rémunérés pour les articles qu'ils rédigent pour ces publications. «Les chercheurs sont comme des moines qui distribuent leur savoir pour le simple amour de la connaissance», avance Stevan Harnad, directeur de la Chaire de recherche en sciences cognitives à l'Université du Québec à Montréal. Les chercheurs travaillent fort et veulent rendre le fruit de leur recherche le plus accessible possible. Jusqu'ici, la seule façon de le faire passait par l'entremise des revues scientifiques.

Malheureusement, l'abonnement à ces revues coûte très cher et la plupart des universités ont de la difficulté à se l'offrir. Stevan Harnad cite en exemple Harvard, l'université la plus riche au monde, qui a les moyens de s'abonner à la moitié seulement de ces publications.

Cette situation aberrante a donné lieu à la création du mouvement pour l'accès libre aux résultats des études, par archivage institutionnel des universités sur Internet. L'université britannique de Southampton en Angleterre a été la première à offrir l'accès libre (Open Access), mais la pratique tarde à se répandre, et pour cause: «Les chercheurs ont l'impression que c'est illégal de faire ça, ils ont peur que la question des droits d'auteur complique les choses, mais c'est faux, rien n'interdit de le faire», affirme Stevan Harnad.

«Les chercheurs désirent obtenir une diffusion la plus large possible de leurs travaux et ont encore l'impression qu'il n'y a pas moyen d'augmenter l'accès aux articles publiés dans les traditionnelles revues scientifiques», illustre M. Harnad. Pourtant, si une citation dans une revue scientifique est effectivement bénéfique pour la carrière d'un chercheur en raison du rayonnement et de la crédibilité qu'elle procure -- facilitant ainsi l'obtention de financement --, il apparaît de plus en plus évident que l'accès libre permet une diffusion encore plus grande et complémentaire à celle fournie par les revues scientifiques.

Selon l'étude menée par l'étudiant de M. Harnad, Chawki Hajjem, doctorant en informatique cognitive au Laboratoire de recherche en sciences cognitives, la mise en accès libre affecte positivement le taux de citations. Les résultats de son étude, effectuée sur les articles indexés dans la base de données licensées de l'Institute of Scientific Information de Philadelphie et de l'Observatoire des sciences et technologies de l'UQAM (environ 15 millions d'articles), démontrent que les articles qui sont mis en accès libre par leurs auteurs -- en les déposant dans leurs propres archives universitaires sur Internet -- ont un taux de citation de deux à trois fois plus important que les articles qui ne sont pas mis en accès libre. Pourtant, il n'y a à ce jour que de 10 % à 20 % des articles qui sont mis en accès libre.

L'UQAM, pionnière en auto-archivage

L'Université du Québec à Montréal, meneuse en matière d'accès libre sur le Web, a décidé de faire de l'auto-archivage une priorité. C'est la nouvelle politique telle que décidée par le nouveau vice-recteur à la recherche et à la création, Michel Jébrak. «Nous voulons favoriser le dépôt libre des travaux scientifiques à travers le monde, c'est pourquoi nous planifions une campagne de promotion et de formation pour ce printemps ou encore à l'automne», annonce M. Jébrak. Nos travaux se situent dans le domaine de l'information publique, nos chercheurs sont payés par les contribuables, alors il est tout à fait normal de rendre publics les résultats de nos recherches.»

Déjà, les normes de présentation en accès libre permettent de structurer les bases de données de manière assez homogène sur toute la planète, d'où leur avantage. On peut donc prévoir une explosion de ce courant de démocratisation de l'information scientifique.

On peut avoir accès aux archives libres de l'UQAM à cette adresse: http://eprints2.uqam.ca


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


[an error occurred while processing this directive]

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com