1er Salon national de la recherche universitaire - Refus de « PPP » par l'entreprise privée
Mots clés :
« La recherche qui s'effectue aux cycles supérieurs est peu connue et peu valorisée »
Les 1er et 2 avril prochain, sur la grande place du Complexe Desjardins à Montréal, se déroulera le premier Salon national de la recherche universitaire, qui constituera une importante vitrine pour les meilleurs projets universitaires québécois. Pour les participants, l'événement se veut aussi un concours intéressant, avec plus de 27 000 $ en prix.Le Salon national de la recherche universitaire veut ainsi répondre à un double besoin: procurer de la visibilité aux études supérieures afin de donner l'envie aux étudiants d'orienter leur carrière dans le domaine scientifique et de poursuivre leurs études au niveau de la maîtrise et du doctorat. Le second objectif consiste à sensibiliser la population à l'importance de la recherche de pointe et au fait qu'investir des sommes imposantes dans ce domaine n'est pas un gaspillage d'argent: «Le Québec dispose d'une petite population, et pour rivaliser avec des géants de la main-d'oeuvre comme la Chine ou l'Inde, il faut se spécialiser le plus possible dans des domaines de pointe», croit Salim Laaroussi.
Des sujets variés... et vulgarisés
«Pour inciter les étudiants à participer à cette première édition, nous avons eu l'idée de lancer un concours dans toutes les universités québécoises et de l'ouvrir à tous les étudiants inscrits aux cycles supérieurs qui font de la recherche», explique Salim Laaroussi. Plus de 500 étudiants ont alors fait parvenir leur mise en candidature pour les cinq thèmes proposés:
- Sciences de la vie et de la santé
- Lettres, arts et sciences humaines
- Éducation
- Sciences physiques, mathématiques et génie
- Sciences sociales.
Un jury formé de professeurs universitaires les a ensuite notés afin de sélectionner les 20 meilleurs projets pour chacune des catégories. C'est cette centaine de projets qui seront exposés sur la grande place du Complexe Desjardins.
Outre les prix accordés aux auteurs des projets de recherche les plus prometteurs et un prix général du jury, les visiteurs du Salon national de la recherche universitaire seront aussi impliqués dans le processus et invités à voter pour le projet qu'ils préfèrent. Un Prix du public sera ainsi remis aux étudiants qui auront réussi à rendre leur projet plus intéressant. Les deux journées de cet immense concours seront également ponctuées de conférences de chercheurs émérites tant sur leurs propres recherches que pour rassurer le public par rapport aux avancées scientifiques.
Rejoindre la population
Pourquoi tenir cet événement en plein centre commercial? «Personnellement, j'avais déjà essayé de mettre en place une exposition similaire lorsque j'étais à l'École polytechnique, mais cela n'a pas été un grand succès», se remémore Salim Laaroussi. Pas facile d'attirer les visiteurs à l'université pour ce genre de rassemblement. «On se disait qu'il fallait trouver un nouveau concept pour intéresser les étudiants et la population à l'importance de cette recherche. Nous avons donc eu l'idée de sortir l'événement de l'université et d'aller là où il y a déjà du monde, et un centre commercial nous a paru une bonne idée», poursuit-il. Il estime que le nombre de personnes qui auront la possibilité de voir les différents projets étudiants se chiffre à près de 60 000 personnes. Et comme l'entrée est gratuite, la visibilité de l'événement risque cette fois d'être plus importante et permettra de donner aux commanditaires une raison de poursuivre leur association dans les années futures.
À la surprise de ses organisateurs, le Salon national de la recherche universitaire a peu intéressé les entreprises privées: le soutien financier pour organiser cette première édition est venu en grande majorité des organismes publics et du gouvernement: «On a remarqué un réel manque d'intérêt des entreprises privées, même si elles ont tout à gagner de cette recherche universitaire», se désole Salim Laaroussi.
Un futur important
Une deuxième édition du Salon national de la recherche universitaire est déjà prévue pour l'an prochain. Cette fois, l'événement se déplacera à Sherbrooke. Chaque année, une ville universitaire québécoise différente sera visitée afin de valoriser les travaux universitaires à la grandeur du Québec. «Il y a tellement de choses qui se font sur le plan des recherches en maîtrise et au doctorat et qui dorment sur des tablettes, il faut les faire connaître!», dit le président du CNCS.
Alors que l'événement n'est pas encore commencé, Salim Laaroussi veut le rebaptiser dès l'an prochain en Salon de l'innovation. Le but avoué: que, dans une quinzaine d'années, il rassemble à la fois les universitaires et les différents acteurs de l'industrie afin de présenter les innovations québécoises dans toute leur étendue. Un défi imposant, mais qui motive ses organisateurs: «Ce serait fantastique d'avoir un événement annuel où les milieux universitaires côtoieraient les représentants de l'industrie afin de montrer à la population ce qui se fait en termes d'innovation à la grandeur de la province», rêve
Salim Laaroussi.
Il espère aussi que ce Salon national de la recherche universitaire puisse s'établir assez solidement pour sortir de l'égide du CNCS et voler de ses propres ailes. Le projet d'incorporer d'autres volets d'innovation, comme les arts, la gastronomie et le développement durable, fait aussi partie des souhaits des organisateurs. Reste à voir comment cette première édition sera reçue avant de passer à la vitesse supérieure et de mettre sur pied un véritable festival de l'innovation.
1er Salon national de la recherche universitaire
Grande place du Complexe Desjardins à Montréal
1er et 2 avril 2005
Entrée gratuite
Site Web: www.feuq.qc.ca/salondelarecherche
Vos réactions
Offre d'aide - par André Desaulniers (desaulniersandorra@hotmail.com)
Le samedi 26 mars 2005 09:00

