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À qui la responsabilité face aux eaux usées résidentielles ?

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Véronique Arvisais (veroniquearvisais@hotmail.com)
Envoyé Le mardi 03 mai 2005 10:00



À l'heure où le Québec se dote d'une politique nationale de l'eau, des efforts sont déployés pour appliquer les règlements entourant les rejets agricoles et industriels. Mais qu'en est-il des rejets résidentiels? Le gouvernement nous a prouvé qu'il était capable de certaines décisions responsables, par exemple, en finançant les organismes de bassins versants prioritaires. Alors pourquoi ne pas créer une synergie dans les efforts et les investissements du côté environnemental en misant sur une eau de qualité pour les êtres vivants qui l'habite et ses utilisateurs. En ce sens, je crois que l'application de la législation entourant les eaux usées résidentielles devrait être renforcée. C'est une question de qualité de l'environnement et de santé publique.

Actuellement, plusieurs municipalités ayant un réseau d'égout n'ont pas d'installations de traitement de ces eaux usées et rejettent le tout directement dans la nature. C'est aussi ce que font multiples propriétaires privés qui habitent dans une municipalité qui ne met pas ses culottes.comme plusieurs au Québec ! Pour visualiser l'ampleur du phénomène, on n'a qu'à penser au fait que la ville de Montréal rejette annuellement dans le fleuve Saint-Laurent 3,6 billions de litres d'eaux usées brutes.

L'étendue des conséquences de ce phénomène est très large. Parmi celles-ci, les plus courantes sont les risques pour la santé et l'eutrophisation accélérée des plans d'eau. Tout d'abord, il y a un risque de contamination de l'eau potable et certains rejets sont susceptibles de contaminer les zones de baignade. Quant à l'eutrophisation prématurée des plans d'eau, ce phénomène entraîne la modification de sa biodiversité (incluant les espèces de pêche sportive) et la prolifération d'algues, dont certaines sont toxiques. Ces conséquences causent des désagréments aux riverains, car en plus de diminuer la qualité de pêche, les activités nautiques et la baignade peuvent devenir difficiles et même impossibles dans le cas de prolifération d'algues toxiques. De façon générale, les eaux usées résidentielles causent sensiblement les mêmes effets que les rejets agricoles. Alors que plusieurs mesures sont mises en oeuvre pour éviter la pollution par le purin de porc, ne serait-il pas approprié dans une société civilisée de veiller à disposer de manière convenable de nos propres excréments, afin de ne pas en léguer les résidus aux générations futures ?

Mêmes si ces phénomènes ont des conséquences majeures sur les municipalités en faisant diminuer le nombre de villégiateurs et la valeur des terrains entourant les plans d'eau, ces dernières appliquent que très rarement les règlements concernant les rejets résidentiels. On peut se demander pourquoi elles agissent ainsi, ou plutôt n'agissent pas. Il y a deux façons d'améliorer la situation. Soit que le gouvernement fournisse plus d'aide financière aux municipalités pour la main d'oeuvre travaillant de ce côté ou qu'il prenne lui-même en charge les inspections résidentielles et municipales.

Tout compte fait, je pense sincèrement que le gouvernement devrait agir au niveau de l'intensification de l'application des règlements sur l'évacuation et le traitement des eaux usées résidentielles et municipales, autant pour des raisons environnementales que civiques, car la présente situation convient très mal dans un cadre de développement durable.

Au plaisir de voir les actions évoluer,
Mes salutations distinguées

Véronique Arvisais
Programme de baccalauréat en biologie
Université du Québec à Rimouski

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