L'offre de Fournier n'a rien apaisé
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Les étudiants planifient de nouveaux coups d'éclat

Photo: Jacques Nadeau
La Fédération des associations étudiantes du campus de l'Université de Montréal (FAECUM) a convenu hier d'un plan d'action pour cette semaine, dans le but de montrer au gouvernement que la colère ne s'amenuise pas sur le campus. «Le ministre ne peut pas penser calmer la grogne étudiante avec un programme comme le sien», a indiqué hier Pierre-Alain Benoît, secrétaire général de la FAECUM, au terme d'une assemblée de ses délégués et sous de chauds applaudissements. «Nous ne sommes pas ici pour demander la lune au ministre. Nous sommes ici pour demander un simple retour à la normale.»
Les étudiants de l'UdeM entendent ainsi commencer demain un «jeûne général illimité» devant les bureaux du ministère de l'Éducation de même qu'un «sit-in» public au centre-ville. Mercredi, les députés libéraux seront assaillis de manifestants et, le lendemain, les étudiants sont invités à se joindre à la manifestation orchestrée à l'Assemblée nationale par la Coalition pour une ASSE élargie (CASSEE), qui a lancé le mouvement de grève. Afin de montrer qu'ils «ne font pas la grève pour avoir congé», les étudiants promettent aussi cette semaine de commencer à participer à des actions de bénévolat et d'action communautaire.
Le retour à la normale revendiqué par les auteurs de ce débrayage en voie de passer à l'histoire doit passer par un «retour du ministre à la table à dessin». «La seule solution, c'est de ramener les plafonds de prêts au niveau où ils étaient avant», a ajouté M. Benoît, devant des délégués déterminés. «Ça, ça va lui coûter 103 millions!»
La conversion de 103 millions de bourses en prêts, à la faveur du dernier budget, fait toujours fulminer le mouvement étudiant, dont quelque 170 000 membres sont toujours en grève, certains depuis bientôt un mois. Un scénario de remise de dette présenté une première fois mardi par le ministre Fournier, puis bonifié le lendemain matin, n'a toutefois servi qu'à indigner davantage les étudiants, qui ont signifié qu'il en fallait plus pour les convaincre de revenir en classe.
D'autres irréductibles pourraient d'ailleurs s'ajouter au mouvement de grève dès aujourd'hui: après leurs collègues de l'Université Laval, les futurs médecins inscrits à l'UdeM doivent se prononcer aujourd'hui -- à nouveau -- sur l'éventualité d'une grève générale illimitée, ce que les observateurs des batailles étudiantes interprètent comme un indice de la solidité du mouvement de grève.
Réunies en congrès hier au cégep de Drummondville, une trentaine d'associations étudiantes membres de la CASSEE ont aussi convenu d'un plan d'action destiné cette semaine à «hausser le ton et à faire monter la pression», a indiqué hier un porte-parole nouvellement élu, Mathieu Cousineau-DeGarie.
Une «semaine de perturbation économique» ponctuée «d'actions surprises» doit démarrer aujourd'hui. Des dérangements du type de ceux qui ont fait l'actualité la semaine dernière -- comme le blocage pendant deux heures du pont de la Concorde, vendredi dernier -- pourraient donc être à l'agenda.
«Le mouvement de grève est à son sommet, et nous dénonçons toujours la proposition faite par le ministre», a indiqué M. Cousineau-DeGarie. «Nous avons le momentum et nous croyons que c'est le moment pour le ministre Fournier de nous accueillir dans une éventuelle négociation.»
Invités par le ministre de l'Éducation à dénoncer les actes violents menés par certains étudiants pour pouvoir être considérés comme des interlocuteurs au même titre que les fédérations étudiantes, les membres de la CASSEE continuent de juger «non nécessaire» la dénonciation d'actes violents, qu'ils ne préconisent pas par ailleurs.
«Nous dénonçons cette manière mesquine du ministre de nous exclure de la table de négociations», a expliqué M. Cousineau-DeGarie, ajoutant par ailleurs que la séance d'hier avait permis de «réaffirmer et de resserrer» les positions de la CASSEE, qui représente toujours quelque 50 000 étudiants en grève. Le mouvement veut d'ailleurs écrire au ministre cette semaine pour lui réitérer ses revendications et son intérêt pour une place à la table des discussions.
La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) affûte aussi ses armes pour un crescendo d'actions cette semaine, qu'elle dévoilera sous peu. «Le mouvement de grève demeure très élevé, la pression est forte», a indiqué hier la porte-parole de la FEUQ, Catherine Bourgault.
Aucun nouvel échange n'avait eu lieu hier avec le cabinet du ministre Fournier, a précisé la FEUQ, qui évaluait toujours à quelque 170 000 étudiants le bassin total de grévistes. Demain sonne la quatrième semaine de grève pour certains collégiens et étudiants, ces derniers étant inscrits notamment à l'UQAM. Pour ceux-là, dont la session est sérieusement remise en question, la prochaine semaine sera cruciale.
Réunie en séance extraordinaire jeudi dernier, la Commission des études de l'UdeM a ainsi constaté que, malgré des activités considérablement «perturbées» sur le campus, la session n'était pas encore remise en question. «La Commission a résolu que le trimestre d'hiver devrait se terminer dans les délais prévus et que les modes d'évaluation [examens et travaux] seraient maintenus tels que planifiés», a-t-on indiqué, misant sur des «scénarios de rattrapage».
Cette instance, composée de doyens, de professeurs et d'étudiants, doit se revoir demain afin d'établir, pour chacune des facultés concernées par la grève, le seuil critique de jours perdus à partir duquel le rattrapage ne sera tout simplement plus possible.
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