États-Unis - Vote en faveur des forages pétroliers en Alaska
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Washington -- À l'issue d'un vote serré, le Sénat américain a décidé hier d'autoriser les forages pétroliers dans un parc naturel de l'Alaska, offrant une victoire importante au président George W. Bush face aux défenseurs de l'environnement qui combattaient cette mesure depuis plus de 20 ans.
La mesure, appuyée depuis 20 ans par les groupes de pression pétroliers et ouvertement soutenue par le président Bush, a été proposée quatre fois au Sénat depuis 1991 mais avait jusqu'alors toujours été rejetée.
Afin d'éviter une obstruction de la part des députés démocrates minoritaires au Sénat, les chefs du groupe républicain, favorables aux forages, avaient inclus la mesure dans le projet de budget.
Ils n'ont pas obtenu gain de cause pour autant. Le sénateur républicain de l'Alaska Ted Stevens, qui s'est battu depuis 24 ans pour l'ouverture des réserves pétrolières du nord de l'État, a reconnu qu'il pourrait y avoir un «long processus» avant l'adoption définitive de ce projet, qui doit encore être approuvé par le Congrès lors du vote final du budget.
Les arguments républicains sont essentiellement d'ordre économique. Le président Bush a estimé la semaine dernière à dix milliards de barils le potentiel de production de brut dans l'ANWR, ajoutant que l'extraction serait «presque sans impact sur l'environnement et la faune».
Ce n'est pas l'avis des écologistes, qui dénoncent moins le forage que la mise en place d'un réseau d'oléoducs, selon eux néfaste pour la faune sauvage: caribous, ours polaires, oiseaux migrateurs, etc.
Les démocrates contestent également les chiffres avancés par les républicains. John Kerry, sénateur du Massachusetts et candidat malheureux face à George W. Bush lors de l'élection présidentielle de novembre dernier, a ainsi estimé que la mesure n'aurait «aucun effet sur l'approvisionnement énergétique du pays à long terme».
Un autre sénateur démocrate, Richard Durbin (Illinois), a averti que la production de pétrole dans l'ANWR ne représenterait jamais que 2,5 % des besoins en pétrole des États-Unis et qu'il serait préférable de diminuer la consommation des automobiles américaines.

