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La liberté de conscience, un bien de consommation?

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Bruno Déry
Envoyé Le jeudi 10 mars 2005 23:00



La liberté de conscience, un bien de consommation?

Plus un sou aux écoles privées. une belle vision idéologique de l'uniformisation des consciences, un beau chemin vers le totalitarisme de la pensée.

Le droit à la vie n'est pas un bien de consommation, c'est un droit individuel, un droit qui ne dépend pas de son portefeuilles. La liberté fondamentale du droit à la vie nous impose une chose: un système de santé à deux vitesses est inacceptable. Protéger la survie du système de santé public est nécessaire, quitte à forcer son application.

Par contre, les systèmes de santé n'ont pas l'impact des systèmes d'éducation. En santé, il n'y a pas d'endoctrinement, d'uniformisation des consciences. Dans ces systèmes, des choix sont possibles, souhaitables, et parfois contre rémunération, sauf pour le droit à la vie et à la liberté de conscience. Un système d'éducation public forme la pensée, endoctrine, mais aussi uniformise les consciences. Forcer cet endoctrinement est beaucoup plus néfaste pour chaque individu et pour la société que de forcer l'usage d'un système de santé public. Le système de santé public a une obligation face au droit à la vie, contrairement au système d'éducation public qui ne peut prétendre, du moins actuellement, à une obligation face à la liberté de conscience.

Un des droits fondamentaux de notre société est la liberté de conscience. En refusant le financement des écoles privées, on affirme clairement que la liberté de conscience des enfants et des parents est un bien de consommation. Seul les riches peuvent s'offrir une liberté de conscience, car seul les riches ont les moyens de payer à leurs enfants une formation de la pensée selon leurs valeurs. Rappelons nous que selon la charte universelle de droit de l'homme de l'ONU les parents ont la priorité quant à l'éducation de leurs enfants. Cette priorité est nécessaire pour assurer la liberté de conscience effective des générations futures.

Rappelons aussi que la liberté de conscience est un droit individuel avant tout. La majorité, même la majorité des parents, ne peut prétendre décidé prioritairement pour les enfants des autres. Les regroupements, dont ceux de parents, sont forts louables et offrent de nombreux avantages; mais un regroupement de parents n'a pas de droits prioritaires sur les enfants des autres.

La liberté de conscience n'est pas un bien de consommation; alors nous devons financer adéquatement les écoles privées, ou encore modifier significativement les écoles publiques. Les intervenants qui prônent la fin du financement des écoles privées n'offrent aucune initiative, plan ou protection quant à la liberté de conscience, quant aux choix des parents pour le bien de leurs enfants. Leur plan est purement un endoctrinement à leur vision, à leur pensée. La responsabilité prioritaire des parents quant à l'éducation de leurs enfants ne fait pas partie de leur préoccupation. Seul le financement de leur vision des choses compte.

La liberté de conscience n'est pas un bien de consommation.

Non, mais enfants ne fréquentent pas une école privée.

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