Commission Gomery - La comptabilité de Lafleur Communication surprend encore

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Brian Myles
Édition du mardi 08 mars 2005

Mots clés : gomery, lafleur

Le «foulosophe» François Gourd a perturbé la commission Gomery en s'introduisant dans la salle d'audience, avant la reprise des travaux en après-midi, pour décerner le titre de membre à vie des «Hells Zheimers» à Jean Lafleur. Brandissant une pancarte «Amnésie du cash», M. Gourd s'est dit prêt à assister le publicitaire dans la tâche de retrouver sa mémoire et son argent. Il a été expulsé de façon pacifique après une scène d'une dizaine de minutes.

Photo: Jacques Nadeau

Jean Lafleur Communication Marketing (JLCM) a facturé plus du double au gouvernement fédéral pour la création et la pose de logos et drapeaux du Canada sur la flotte de Via Rail, en 1998-99, un cas possible de surfacturation que le publicitaire n'a pu expliquer, hier lors des audiences de la commission Gomery.

Même s'il a mitraillé Jean Lafleur de questions toute la semaine dernière, le procureur de la commission, Guy Cournoyer, n'avait pas encore exposé toutes les failles, incohérences et opérations inexpliquées dans la comptabilité de son agence de publicité.

JLCM a facturé au ministère fédéral des Travaux publics la somme de 179 920 $, hors taxes, seulement pour développer des logos et drapeaux du Canada et superviser leur apposition sur les trains de Via Rail, en 1998-99. Or, l'essentiel du travail de design, de création et d'exécution du contrat a été réalisé par la firme Xylo, propriété de Pierre Davidson. Celui-ci a facturé 82 100 $ pour son travail (hors taxes).

Entre les factures présentées à JLCM par Xylo, en novembre et décembre 1998, et celles que JLCM a acheminées au ministère des Travaux publics, en septembre 1998 et en janvier 1999, il y a un écart de 97 820 $. L'augmentation se chiffre à 119 %.

Pierre Davidson a sûrement réalisé du travail supplémentaire, comme par exemple se rendre au garage de Via Rail pour s'assurer que les logos soient installés de façon adéquate, ou contacter différents fournisseurs, a évoqué M. Lafleur en guise d'hypothèse. M. Lafleur s'est montré incapable de répondre aux questions de Me Cournoyer à partir des factures que sa propre compagnie a envoyées au ministère des Travaux publics. Il s'est dit «presque convaincu» que des rapports de réunions qui n'ont pas été déposés en preuve pourraient justifier le manque à gagner.

Le témoin s'est de nouveau défendu contre les allégations de surfacturation qui planent au-dessus de son ancienne agence. «Je ne peux pas et je n'aurais pas accepté dans mon entreprise que les gens facturent deux fois la même chose», a dit M. Lafleur pour qualifier l'ensemble de son travail.

Phénomènes inexpliqués

Il reste cependant des phénomènes inexpliqués. À titre d'exemple, Jean Lafleur a personnellement facturé 57 heures de travail, à un taux horaire de 275 $ pour les logos de Via (22 275 $ au total), alors que le maximum prévu au contrat prévoyait un taux horaire de 245 $. Il a en outre réclamé au fédéral 89 heures pour le travail de M. Davidson, alors que celui-ci avait déjà facturé ses services à JLCM par l'intermédiaire de Xylo. Le taux horaire de M. Davidson oscillait entre 100 $ et 180 $ de l'heure, une variation que M. Lafleur n'a pu justifier.

M. Davidson bénéficiait d'un statut flou au sein de JLCM. Le patron de l'agence l'a décrit comme «un employé traité de façon fiscale différente». Il appert que M. Davidson a alterné du statut d'employé de JLCM à celui de consultant externe, par l'entremise de Xylo.

Au total, le projet de commandite des trains de Via a rapporté 336 000 $ à JLCM, dont 53 825 $ en honoraires, 259 449 $ en frais de production, 22 703 $ en commission, et 23 $ en autres dépenses.

JLCM a également réalisé un magazine pour le compte du transporteur ferroviaire, de 1998 à 2001, en mettant sur pied pour ce faire une compagnie distincte, Les Éditions Satellite. Via et le ministère des Travaux publics ont respectivement injecté 1,4 million dans l'aventure, tandis que M. Lafleur et son équipe ont déniché 1,6 million en revenus publicitaires. Grâce à Satellite, Jean Lafleur s'est payé un voyage de pêche de quatre jours à Cascapédia, une dépense de 2100 $. Il ne se souvient pas de l'identité de la personne qui l'a accompagné. Satellite a aussi payé 4800 $ à la Fédération du saumon atlantique en échange de deux forfaits de pêche et de l'équipement, dont une canne à mouche. Les cannes n'ont certes pas servi à des fins personnelles, mais bien «à des fins d'affaires», a assuré M. Lafleur.

La course automobile faisait également partie des occasions d'affaires à saisir. En 1999, JLCM a déboursé 123 000 $ pour des billets du Grand Prix de F1 de Montréal, distribués à Jean Pelletier, le chef de cabinet de Jean Chrétien, Jean Carle, un proche du premier ministre, Charles Guité, l'ex-directeur du programme des commandites, Marc Lefrançois, l'ex-patron de Via Rail, le député libéral Martin Cauchon, et enfin l'ex-patron des Postes, André Ouellet.

Au moins une des nombreuses hypothèses avancées par M. Lafleur a enfin trouvé confirmation hier. Une commandite de 250 000 $ du ministère des Travaux publics qui devait être acheminée par JLCM à la Société canadienne des postes n'a pas été retenue par l'agence de publicité. S'il est vrai que la somme n'a pas été transférée, elle a cependant été créditée à Postes Canada, comme l'a laissé entendre M. Lafleur la semaine dernière. Des représentants des Postes ont confirmé hier devant le juge John Gomery qu'ils en avaient retrouvé la preuve.

Jean Lafleur terminera son témoignage aujourd'hui, pour laisser ensuite la place à son fils, Éric.


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Terrible.... - par ANDRÉ Ste-Marie
Le mardi 08 mars 2005 08:00

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