Baisse d'impôt - Le programme libéral revu et corrigé par le ministre des Finances
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Québec -- Les contribuables québécois peuvent d'ores et déjà renoncer aux baisses d'impôt de un milliard promises par le gouvernement Charest pour chaque année de son mandat.
Il fait valoir que le parti s'était aussi engagé à ce que le fardeau rejoigne la moyenne canadienne, s'empressant d'ajouter cependant que l'écart entre le Québec et le reste du pays n'avait cessé de diminuer depuis que l'engagement avait été pris, en 2002.
«L'objectif n'était pas un milliard, c'était de ramener le fardeau fiscal à la moyenne canadienne. Ce n'est plus un milliard, parce que l'Ontario, entre-temps, a beaucoup monté ses impôts, d'autres provinces aussi», a-t-il expliqué hier lors d'un entretien à la Presse canadienne.
Dès sa nomination, le 18 février, M. Audet avait affirmé que son objectif en matière fiscale était de rejoindre la moyenne canadienne, mais il n'en avait jamais encore conclu qu'il se sentait désormais dégagé de la promesse de son gouvernement relativement aux baisses massives d'impôt.
Compte tenu que «l'écart s'est rétréci beaucoup» depuis 2002 entre le Québec et le reste du pays, particulièrement l'Ontario, le Québec n'a donc plus à réduire de façon aussi radicale que prévu le fardeau fiscal des contribuables.
Depuis 2002, «le Québec, lui, a fait des baisses d'impôt, donc les calculs ont changé. Cela fait partie des choses qu'on va remettre à jour. Des ajustements vont être faits, à partir de la réalité des choses», a dit le ministre.
En pleine préparation de son premier budget, qu'il doit présenter d'ici environ un mois, le ministre Audet est conscient que sa marge de manoeuvre est extrêmement limitée, d'autant plus qu'il n'est pas question de replonger le Québec dans un déficit.
Son budget «ne sera pas un feu d'artifice», prévient le ministre.
Le budget comportera des baisses d'impôt, car le premier ministre Jean Charest a indiqué qu'il y tenait, mais elles seront plus ciblées, vers la classe moyenne et les familles.
Même «de légères baisses d'impôt pour la classe moyenne, ça va se répercuter en croissance économique, si on peut le faire».
Il rappelle que les Québécois demeurent les citoyens les plus taxés en Amérique du Nord et qu'il ne faut pas «qu'ils soient condamnés à rester à ce niveau-là indéfiniment».
Son but consiste donc à axer son budget sur la croissance économique.
«Il faut qu'on se donne davantage de moyens. Il faut créer plus de richesse, c'est très important. Car avant de la redistribuer, il faut la créer. Ce sera au coeur de mes préoccupations», dit-il.
Sauf qu'il prend la peine d'ajouter «qu'il ne s'agit pas de faire du Québec un paradis fiscal».
Loin de jouer au père Noël, le ministre devra composer avec plusieurs contraintes, dont le renouvellement des conventions collectives des employés de l'État, une facture qui pourrait, estime-t-on, l'obliger à mettre de côté une réserve d'au moins un milliard pour les hausses salariales et les correctifs à l'équité salariale.

