Wal-Mart irrite même les gens d'affaires

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PC
Édition du jeudi 03 mars 2005

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Le président de la FTQ, Henri Massé, affirme que même des gens d'affaires «commencent à en avoir plein le casque» des stratégies à la Wal-Mart.

Selon lui, il n'y a pas que des syndicats qui contestent le géant du commerce de détail, mais aussi des employeurs du secteur manufacturier, du commerce de détail et de l'alimentation qui subissent les pressions dues à la présence de Wal-Mart.

«Oui, il y a pas mal de monde, pas mal de gens d'affaires qui en ont plein le casque de ces stratégies-là», a lancé M. Massé, avant d'expliquer sa pensée. «Quand on veut avoir une économie qui marche, ce n'est pas en payant le monde au salaire minimum, avec le moins de bénéfices possible [qu'on va y arriver]. Il faut que le monde ait de l'argent dans ses poches si on veut être capable d'acheter les produits des entreprises.»

M. Massé était interrogé à ce sujet à l'issue d'une conférence de presse qui portait sur un autre thème, celui des négociations du secteur public.

Une spirale

M. Massé, qui rencontre souvent des gens d'affaires à titre de président de la FTQ et de président du conseil d'administration du Fonds de solidarité FTQ, dit aussi ressentir des répercussions de la présence de Wal-Mart chez les employeurs qui paient des conditions de travail plus généreuses, notamment dans le secteur de l'alimentation.

«Il y a de bonnes entreprises qui paient des conditions de travail qui sont convenables -- dans l'alimentation, ce n'est pas facile -- et si elles se font faire une concurrence à mort, un jour ou l'autre, elles aussi, elles vont être obligées de prendre les mêmes mesures et commencer à couper à tour de bras. Alors on s'en va vers une spirale à la baisse.»

M. Massé rapporte avoir assisté à une réunion de 300 ou 400 personnes dans le domaine de l'aviation, il y a quelques jours, et assure que des employeurs lui ont, en aparté, parlé de l'attitude de Wal-Mart. «Je me suis fait apostropher à au moins une cinquantaine de reprises par du monde des affaires, des chefs d'entreprise qui disaient "vous devriez aller plus loin; rentrez-leur dedans".»

Le dirigeant de la plus grande centrale syndicale au Québec affirme néanmoins rejeter l'idée d'un boycottage du commerçant, puisque son syndicat des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce est présentement en campagne de recrutement dans plusieurs magasins.

On apprenait d'ailleurs hier que le syndicat des TUAC a déposé devant la Commission des relations de travail de l'Ontario une requête en accréditation pour représenter des employés du Wal-Mart de Windsor, en Ontario. Un vote pourrait donc avoir lieu au cours des prochains jours au sein des employés de ce magasin. Pour le moment, seuls les magasins Wal-Mart de Jonquière et Saint-Hyacinthe sont syndiqués en Amérique du Nord. Et celui de Jonquière doit fermer le 6 mai.


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