La pression se maintient sur le gouvernement libanais

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Reuters , AFP
Édition du mercredi 23 février 2005

Mots clés : opposition

L'opposition veut déposer une motion de censure

Beyrouth -- Des députés d'opposition libanais, tablant sur l'indignation suscitée par l'assassinat de Rafic Hariri, ancien premier ministre, ont fait savoir hier qu'ils déposeraient la semaine prochaine une motion de censure contre le gouvernement soutenu par la Syrie.

L'opposition a mis en cause Damas dans l'assassinat d'Hariri, réclamant la fin de l'emprise politique et militaire de la Syrie sur le Liban et la démission de hauts responsables prosyriens.

Le gouvernement jouit cependant d'une confortable majorité au sein du Parlement de 128 membres et il est peu probable que la motion de censure soit adoptée, en dépit des manifestations sans précédent qui se sont multipliées depuis la mort d'Hariri, le 14 février.

Des milliers de Libanais ont manifesté lundi à Beyrouth en réclamant la démission du gouvernement et le retrait des 14 000 militaires syriens déployés au Liban. Dans la soirée, les présidents français et américain ont accentué la pression en publiant à Bruxelles un communiqué commun appelant à un «Liban souverain, indépendant et démocratique» et «sans ingérence extérieure».

Jacques Chirac et George Bush ont condamné l'assassinat d'Hariri. Ils n'ont pas mis en cause la Syrie mais ont réclamé une enquête des Nations unies sur l'attentat qui a coûté la vie à l'ancien premier ministre. L'Union européenne a elle aussi demandé une enquête internationale et a affirmé son soutien à la résolution des Nations unies exigeant le retrait de la Syrie du pays des cèdres.

En revanche, le prince Saoud al-Fayçal, ministre saoudien des Affaires étrangères, a jugé prématurés les appels à une enquête internationale.

La Syrie a laissé entendre lundi qu'elle entamerait bientôt le retrait d'une partie de ses forces du Liban, conformément à l'accord de Taëf qui a mis fin à la guerre civile de 1975-1990 au Liban.

Hariri, qui détenait la nationalité saoudienne, entretenait des liens commerciaux, politiques et personnels étroits avec la famille royale saoudienne. Pendant la plus grande partie de sa vie politique, il a aussi été un allié de la Syrie, jusqu'à sa démission en octobre dernier, après les pressions exercées par Damas pour prolonger le mandat du président Émile Lahoud, son rival.

Le président du Parlement, Nabih Berri, a accepté lundi, à la demande de l'opposition, de tenir une séance spéciale le 28 février pour interroger le gouvernement sur l'attentat qui, selon un nouveau bilan, a fait 18 morts, un disparu et plus de 135 blessés. Il a promis que cette séance marquerait «le début d'un véritable dialogue» entre le gouvernement et l'opposition, mais cette dernière veut discuter directement avec la Syrie, pas avec ses alliés libanais.

Des élus de l'opposition ont demandé que, tant que les autorités n'auront pas identifié l'assassin d'Hariri, le Parlement suspende un débat sur une loi électorale en préparation pour les élections prévues en mai.


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