Irak : Jaafari est presque assuré de devenir premier ministre

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Reuters
Édition du mercredi 23 février 2005

Mots clés :

Ibrahim Jaafari

Photo: Agence Reuters

Bagdad -- L'Alliance irakienne unifiée (AIU), qui regroupe les grands courants chiites en Irak, a désigné hier Ibrahim Jaafari, l'actuel vice-président, comme candidat au poste de premier ministre.

Ce choix constitue quasiment une nomination. Forte des 48 % de voix recueillies lors des élections du 30 janvier, soit 140 sièges sur un total de 275, l'AIU revendique la direction du gouvernement, dont elle négociait la composition avec les deux principales formations kurdes, qui sont arrivées en deuxième position avec 25 % des suffrages et 75 sièges. Les Kurdes, qui ont obtenu que la présidence aille à l'un des leurs, Jalal Talabani, n'ont pas brigué le poste de premier ministre.

«La priorité maintenant est la sécurité [...], elle affecte toutes les autres questions telles que l'économie et la reconstruction», a déclaré Jaafari lors d'une conférence de presse annonçant sa nomination. Il a ajouté que, s'il devenait premier ministre, il travaillerait à améliorer le potentiel des forces de sécurité et à augmenter leur nombre.

Ancien exilé sous Saddam Hussein -- sa famille vit encore à Londres --, Jaafari est le chef du parti Daoua, l'un des deux principaux partis de l'AIU, coalition à dominante religieuse formée avec la bénédiction du grand ayatollah Ali al-Sistani, chef spirituel de la majorité chiite d'Irak. Un autre ancien réfugié, Ahmed Chalabi, autrefois poulain du Pentagone, briguait aussi le poste, mais il a retiré sa candidature lors d'une réunion à Bagdad.

Face à Jaafari, il reste un autre candidat, Iyad Allaoui, le premier ministre sortant. Mais la liste de ce dernier n'a obtenu que 14 % des voix, soit 40 sièges, aux élections du mois dernier.

Ensemble, les blocs chiite et kurde contrôlent plus des deux tiers de l'Assemblée nationale, soit suffisamment pour se répartir les portefeuilles ministériels. L'Assemblée est notamment chargée de la rédaction de la future Constitution de l'Irak. Dans une entrevue accordée le 7 février, Jaafari a souligné l'importance d'associer à ce processus la minorité sunnite, qui n'a que faiblement participé au scrutin, par choix ou par crainte de la violence des insurgés.

Attentat... à la pudeur

De son côté, Amnesty International a publié un rapport affirmant que la situation des Irakiennes ne s'est guère améliorée depuis la chute de Saddam Hussein et que certaines d'entre elles ont été victimes d'attentats à la pudeur commis par des militaires américains.

«Des femmes ont fait l'objet de menaces sexuelles de la part de membres des forces sous commandement américain et certaines femmes arrêtées par les forces américaines ont subi des sévices sexuels, peut-être des viols», dit le rapport. Washington a promis d'étudier le rapport et le bien-fondé des allégations.

L'armée américaine a annoncé que l'un de ses marines avait été tué dans la province occidentale d'Anbar, où les forces américaines et irakiennes ont lancé une grande campagne contre l'insurrection. Ce décès porte à 1125 le nombre de militaires américains tués au combat depuis le début l'invasion de l'Irak, en 2003.

Dans un quartier chiite de Bagdad, les forces américaines ont pour la première fois transféré le contrôle du secteur à une brigade de l'armée irakienne, un transfert que les Américains espèrent répéter dans tout le pays afin de pouvoir, à terme, retirer leurs 150 000 hommes.


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