Charest veut se consacrer aux baisses d'impôts
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La tâche pénible de remanier le gouvernement étant maintenant derrière lui, le premier ministre Jean Charest a l'intention de se consacrer à l'un de ses principaux objectifs: des baisses d'impôts pour tous les Québécois.
«On parle de baisses d'impôts?», a demandé l'animateur Paul Larocque. «On parle de baisses d'impôts», a confirmé M. Charest.
Le différend entre M. Charest et Yves Séguin n'est un secret pour personne. M. Séguin, l'un des grands perdants du remaniement ministériel de vendredi, n'accordait pas aux baisses d'impôts une place prioritaire dans le budget libéral, à la grande insatisfaction de son patron. À cet égard, M. Charest a confirmé en entrevue que le «coup de tonnerre» du remaniement vise à obtenir plus d'unité de ses troupes. «Il y avait, dans le gouvernement, le besoin de recentrer toute l'équipe sur la raison principale de notre élection. C'est vrai pour M. Séguin et c'est vrai pour tous les ministres du gouvernement», a-t-il dit, énumérant la santé, l'éducation, et la redéfinition du rôle de l'État comme autant de priorités.
Le premier ministre a bel et bien offert la responsabilité du ministère de la Justice à M. Séguin, mais celui-ci a refusé. «C'est dommage, parce que ça lui aurait permis de rester dans l'équipe, et un gouvernement, c'est une affaire d'équipe», a commenté M. Charest.
Jugées incertaines vendredi par le nouveau ministre des Finances, Michel Audet, les baisses d'impôts deviennent, à la lumière des commentaires du premier ministre, un objectif à atteindre dans les meilleurs délais.
Les libéraux ont promis, en campagne électorale, des baisses d'impôts annuelles de un milliard pendant cinq ans, mais ils ne sont pas arrivés à respecter leur engagement lors de la présentation du premier budget. Les réductions ont donc touché en priorité les familles avec enfants de la classe moyenne, et non pas l'ensemble des contribuables.
Sans renier cette promesse en faveur de baisses d'impôts universelles, les libéraux l'ont sérieusement reconsidérée à l'issue du Forum des générations l'automne dernier. Dans l'une de ses dernières entrevues à titre de ministre des Finances, Yves Séguin annonçait, par ailleurs, son intention de favoriser les familles et la classe moyenne pour le budget 2005, s'estimant incapable de consentir des réductions aux plus fortunés.
Une insignifiante insatisfaction
En chute libre dans les sondages, comparé par des commentateurs à l'un des pires gouvernement de l'histoire du Québec, celui de Jean-Jacques Bertrand, M. Charest s'est montré imperméable aux critiques. «Quand j'entends des grossièretés comme ça, ça ne m'affecte pas beaucoup, tellement c'est une exagération qui rend insignifiant le propos», a-t-il déclaré.
Questionné sur les dérapages de son gouvernement, le premier ministre a attaqué en évoquant «les délires dans les médias». «Dans le dossier du CHUM, c'est rendu que les salles de presse s'invectivent entre elles», a-t-il dit.
À ce sujet, M. Charest a réfuté les allégations voulant qu'il affiche un parti pris pour le site d'Outremont, faisant l'objet d'une campagne de promotion par des gens d'affaires et proches du Parti libéral du Québec (PLQ). «Ça n'a rien à voir avec ça. Il n'y a pas d'intérêt particulier là-dedans», a-t-il assuré. Le recteur de l'Université de Montréal, Robert Lacroix, a présenté le 7 décembre seulement son projet de technopole de la santé à Outremont, et il faut donner au gouvernement le temps d'examiner la valeur des projets sur les deux sites (Hôpital Saint-Luc et Outremont) avant de prendre une décision, a rappelé M. Charest.
Au sujet des mesures de sécurité sur les barrages d'Hydro-Québec, mises à mal par des incursions spontanées de la presse cette semaine, M. Charest a exprimé sa certitude que des correctifs seront apportés dans les plus brefs délais. Il n'a pas voulu spéculer sur le sort qui sera réservé au p.-d.g. d'Hydro-Québec, André Caillé, dont le mandat arrive à échéance cet automne. «J'ai confiance en M. Caillé et, en temps et lieu, on va faire l'examen du renouvellement du mandat. Ça n'a pas été soulevé, ce n'est pas un sujet», a-t-il affirmé.
Les étudiants n'ont rien fait pour accroître leur capital de sympathie auprès de M. Charest, qui a condamné la violence de la manifestation qui s'est déroulée mercredi à Montebello, lors du caucus libéral. «Je suis profondément choqué par l'attitude de ces personnes. Trois autobus qui débarquent à un endroit avec un bélier pour défoncer les portes, c'est inacceptable, a-t-il dit. Les leaders étudiants doivent assumer la responsabilité de ce qui est arrivé et de la violence utilisée, parce qu'il y a eu des blessés.»
Une trentaine de manifestants ont reçu des coups de matraque et du poivre de Cayenne lorsqu'ils ont tenté d'entrer de force dans les locaux où discutaient les membres du PLQ. À l'instigation de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), ils dénonçaient les coupes de 103 millions de dollars au régime des prêts et bourses. Cette impopulaire mesure du gouvernement Charest pourrait mener à une grève générale illimitée des étudiants dans les prochaines semaines. Pour le premier ministre, les compressions sont définitives.
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