Charest écarte les irritants

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Tommy Chouinard , Kathleen Lévesque
Édition du vendredi 18 février 2005

Mots clés :

Yves Séguin aurait remis sa démission

Affligé depuis des mois par une série de ratages importants, le premier ministre Jean Charest tentera aujourd'hui de donner une nouvelle impulsion à son équipe. Mais son important remaniement ministériel pourrait provoquer une véritable crise politique.

Selon les rumeurs qui circulaient hier soir, le ministre des Finances, Yves Séguin, aurait décidé de remettre sa démission. Il aurait refusé d'être déplacé à la Justice.

Des différends importants ont opposé messieurs Charest et Séguin depuis le début du règne libéral. Les déclarations intempestives du ministre des Finances et ses réticences à modifier en profondeur le mandat de la Caisse de dépôt et de placement ont irrité le premier ministre. Dans ses priorités budgétaires, Yves Séguin ne ferait pas une place suffisamment importante aux baisses d'impôt, ce qui déplaît à Jean Charest, indique-t-on.

C'est la seconde fois qu'Yves Séguin démissionnerait d'un gouvernement. Au début des années 90, alors qu'il était ministre du Revenu sous le gouvernement Bourassa, il avait claqué la porte en prétextant qu'il s'opposait à l'harmonisation de la TVQ à la TPS fédérale. L'actuel ministre du Développement économique, Michel Audet, serait appelé à remplacer Yves Séguin aux Finances.

En début de soirée hier, M. Charest multipliait les coups de téléphone à ses ministres dont plusieurs étaient déplacés ou même relégués aux banquettes arrières. Les discussions n'étaient pas terminées au moment de mettre sous presse. La présentation du nouveau cabinet des ministres est prévue au Salon rouge de l'Assemblée nationale à 10h30 ce matin.

Sam Hamad perdrait son titre de ministre des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs. La crise du Suroît et les lacunes en matière de sécurité dans les installations d'Hydro-Québec lui coûteraient son poste. La ministre déléguée au Développement régional, Nathalie Normandeau, pourrait le remplacer aux Ressources naturelles, alors que Pierre Corbeil, actuellement ministre délégué à la Forêt, obtiendrait les responsabilités de la Faune et des Parcs.

Jean Charest aurait décidé de rétrograder Pierre Reid et de lui retirer les fonctions de ministre de l'Éducation. C'est que la grogne étudiante persiste, notamment en raison des compressions de 103 millions de dollars dans le régime des prêts et bourses. La ministre de la Culture et des Communications, Line Beauchamp, occuperait le poste de ministre de l'Éducation.

Jean Charest créerait un poste de ministre délégué à la Jeunesse et y déléguerait son actuel adjoint parlementaire, David Whissel. Celui-ci serait appelé à rebâtir les ponts avec les étudiants en compagnie de Line Beauchamp et à épauler le premier ministre dans l'élaboration d'une nouvelle politique jeunesse, qui sera rendu public ce printemps.

Michelle Courchesne, actuellement ministre des Relations avec les citoyens et de l'Immigration, serait déplacé à la Culture. Elle a déjà occupé les fonctions de sous-ministre à ce ministère. Ce vaste jeu de chaise musical amènerait finalement Pierre Reid aux Relations avec les citoyens.

Toujours selon les informations qui circulaient hier soir, le ministre de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, Claude Béchard, ou le ministre des Affaires municipales, Jean-Marc Fournier, deviendrait numéro deux du gouvernement en devenant vice-premier ministre.

Jacques Dupuis serait soulagé de quelques fonctions. Actuellement, il est à la fois leader parlementaire, ministre de la Justice, Procureur général du Québec et responsable de la Réforme des institutions démocratiques. Jacques Chagnon serait démis de ses fonctions de ministre de la Sécurité publique.

Le whip en chef du gouvernement, Yvon Vallières, a contacté tous les députés libéraux pour les inviter à se rendre à Québec ce matin à 10h00 pour prendre connaissance du remaniement avant que l'annonce ne soit faite devant les médias.

Les déboires du gouvernement Charest se sont multipliés au cours des mois. La volte-face concernant la construction de la centrale thermique du Suroît, les tergiversations autour du site d'implantation du futur CHUM, les problèmes de sécurité des barrages hydroélectriques ainsi que le tollé soulevé par le financement des écoles juives privées ont écorché l'image du gouvernement.

Ce dernier problème, mis au jour par Le Devoir, avait d'ailleurs plongé le gouvernement Charest dans la tourmente en janvier. L'opinion publique s'est alors rebiffée et a contraint Jean Charest de reculer. Procéder à un remaniement ministériel important était alors apparu comme une façon de faire oublier la crise des écoles juives. Mais devant les fuites dans les médias, Jean Charest avait appliqué les freins.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


[an error occurred while processing this directive]

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com