Un juge libère le présumé terroriste Charkaoui

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PC
Édition du vendredi 18 février 2005

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Adil Charkaoui, le Montréalais d'origine marocaine soupçonné d'appartenir au réseau terroriste al-Qaïda, qui est emprisonné depuis mai 2003, a obtenu une remise en liberté hier, mais il risque encore d'être expulsé vers le Maroc.

Selon une ordonnance du juge Simon Noël, de la Cour fédérale, M. Charkaoui, qui est détenu en vertu d'un certificat de sécurité, sera remis en liberté, mais sous plusieurs conditions sévères, dont celle de ne pas communiquer avec une longue liste d'individus. Il ne pourra pas non plus se servir d'un ordinateur ni d'un téléphone cellulaire et devra demeurer à la maison et porter un bracelet afin que les policiers puissent le suivre à la trace.

Une caution de 50 000 $ a dû être versée pour sa remise en liberté imminente. La caution a été payée notamment par le réalisateur Denys Arcand, le fils de l'ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau Alexandre Trudeau, le chanteur Bruce Cockburn et les anciens ministres Warren Allmand et Flora MacDonald.

Dans la preuve déposée contre lui jusqu'ici, la Couronne a prétendu que M. Charkaoui s'était rendu dans un camp d'entraînement en Afghanistan en 1998 et qu'il était proche d'un groupe terroriste marocain.

Lors de son témoignage lundi dernier, Adil Charkaoui a tout nié en bloc. Il s'est également livré à l'exercice du détecteur de mensonge, qu'il a réussi.

Toutefois, l'homme de 31 ans devra se présenter de nouveau devant le tribunal la semaine prochaine alors que le gouvernement fédéral défendra la validité du certificat de sécurité délivré contre lui.

«La bataille est loin d'être terminée», a affirmé hier la soeur d'Adil Charkaoui, Hind, après avoir appris la nouvelle de la libération de son frère.

«Nous attendons maintenant avec impatience deux choses: le jour où mon frère sera entièrement blanchi de ces allégations et le jour où prendra fin ce processus discriminatoire, kafkaïen.»


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