Effets de vague
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Photo: Agence Reuters
Et se façonne la géopolitique: on aimerait que la richesse soit universelle car, cela étant, il serait possible d'écouler partout les biens et services qu'un pays donné produit.
Les vraies urgences
Pourtant, on sait que partout sur la planète perdurent des situations qui ailleurs, pour tout pays «normal», seraient vues comme autant d'états d'«urgence». Il n'y a ainsi pas d'énorme différence dans la vie quotidienne en Haïti entre l'avant et l'après-passage de l'ouragan Jeanne. La misère y est là un état permanent, où les guerres entre factions rivales semblent un complément naturel à une misère généralisée. Et tout cela se passe sur un territoire que l'on peut joindre en une heure à peine quand on vient de cet empire qui se veut le champion de la démocratie et du bonheur universel!
Y aurait-il aussi une volonté de vacciner toute l'Afrique qu'il faudrait donner à celle-ci des moyens humains et physiques lui permettant d'opérer de telles campagnes, en mettant d'abord fin à ce dumping d'armes qui permettent aux potentats locaux d'entretenir toutes ces guerres pour assurer leur pouvoir, empêchant ainsi toute vie quotidienne. Comme le dit un spécialiste de l'Afrique humanitaire, Victor Piché, de l'université de Montréal, parlant de la situation locale, «qu'on ne vienne pas me dire qu'il n'y a pas de ressources financières; quand c'est le temps d'acheter des armes, on en trouve».
Pendant ce temps, sur la planète, c'est par un nombre avoisinant le milliard de personnes que se comptent les analphabètes et ceux et celles qui n'ont point accès à des ressources de base, l'eau potable étant l'une d'entre elles. L'intention de mondialisation serait-elle réelle qu'il faudrait donner à tous l'accès à une alimentation électrique, ne serait-ce que pour espérer un jour pouvoir vendre les surplus occidentaux en ordinateurs et autres téléviseurs devenus localement obsolètes!
Et vint un tsunami qui frappa toute une région du monde, sept heures après que des équipements sophistiqués aient perçu son apparition, ce qui aurait dû permettre de lancer des avertissements d'alerte (il est toutefois connu que l'Indonésie s'intéresse davantage à contrôler le Timor oriental qu'à protéger ses millions de citoyens). L'énorme vague ne fit pas de discrimination, entraînant dans son sillage touristes et populations locales: les bulletins de nouvelles et les émissions spéciales ont montré le côté dramatique de la situation. Les consciences en furent émues.
À long terme, il faut souhaiter que toutes ces images transmises, d'habitations rudimentaires et d'espaces à reconstruire, feront prendre conscience de l'état d'inégalité qui prévaut sur cette planète, où ce qui est misère dans un pays donné serait grande richesse sur un autre continent.
Aussi, comme le pensent -- et, dans cette foulée, le font -- les acteurs syndicaux et certains intervenants économiques, il y a obligation de canaliser l'autre vague, celle de la mondialisation, en exportant un modèle qui veut que l'intérêt collectif ait priorité sur le gain personnel. Il faut permettre aux travailleurs et aux individus de résister à toutes ces entreprises où l'accumulation des profits est la première mesure d'évaluation d'une réussite.
En fait, à l'international, le progrès n'a jamais été acquis par le fait d'actions guerrières, mais a souvent été le résultat de gestes dont le mot d'ordre était de garantir une réelle coopération entre tous les intervenants, indépendamment de leurs origines ethniques, culturelles, voire religieuses.
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