Médias - Deux journalistes payés pour dire du bien de Bush
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Il n'est pas très courant que George W. Bush reconnaisse une erreur ou blâme une de ses administrations. Pendant sa conférence de presse, mercredi, le président a toutefois clairement regretté une décision prise : l'achat d'un journaliste en vue de vanter la politique de l'éducation du gouvernement. «Notre programme devrait être capable de tenir debout de lui-même, a-t-il déclaré. J'attends de mes ministres qu'ils s'assurent que cette pratique ne se perpétue pas.» Il a juré que la Maison-Blanche n'était pas au courant.
Soutenir la politique de Bush
Armstrong Williams est le plus connu des deux. Il est l'auteur d'une chronique «syndiquée» (vendue à de multiples journaux), s'exprime à la radio, anime une émission de télévision sur les stations du réseau (conservateur) Sinclair. Son contrat avec le ministère de l'Éducation prévoyait qu'il devait produire des publicités, mais précisait aussi qu'il devait soutenir la politique du président et donner un temps d'antenne, dans son émission télé, au secrétaire à l'Éducation Rod Paige.
Entrepreneur
Tout en exprimant ses regrets, Williams s'est défendu maladroitement, expliquant qu'il n'était «pas un journaliste, mais un entrepreneur». Lorsque USA Today a révélé le scandale, l'administration n'a pas réagi tout de suite. Rod Paige a déclaré que le contrat entrait dans le cadre d'un «effort plus large visant à atteindre les minorités» [Williams est noir...]. Ce n'est qu'après avoir reçu 18 000 lettres de protestation que la Federal Communication Commission, présidée par le fils de Colin Powell, Michael, a ouvert une enquête sur la conduite du journaliste.
Quant à Maggie Gallagher, qui écrit des chroniques pour des médias de droite (National Review Online), elle a d'abord pris l'affaire de haut : « Est-ce que j'ai failli à mon éthique de journaliste ? Je ne sais pas. À vous de me le dire», a-t-elle répondu au Post. Selon elle, sa situation n'a «rien à voir, ni de près ni de loin», avec celle de Williams, parce qu'elle est, dit-elle, une experte ouvertement impliquée dans la défense du mariage (elle préside l'Institute for Marriage and Public Policy).
Propagande
Les démocrates dénoncent une propagande officielle contraire aux traditions et aux lois, sur le dos du contribuable. Ils se sont plongés dans les documents budgétaires et ont découvert que l'administration, en 2004, avait dépensé 88 millions de dollars en contrats passés avec des cabinets de relations publiques, contre seulement 37 millions lors de la première année du mandat Bush, en 2001.

