À Guantánamo, les tortionnaires font les putes
Mots clés : tortures
San Juan -- Des geôliers femmes ont tenté de faire craquer des détenus de la base américaine de Guantánamo en pratiquant des attouchements, en portant minijupes et strings et en allant jusqu'à barbouiller le visage d'un prisonnier saoudien de faux sang menstruel, selon un document secret obtenu par AP.
Une employée civile embauchée par l'armée américaine utilisait ainsi une tenue affriolante avec minijupe, string et soutien-gorge lors d'interrogatoires nocturnes. Or la plupart des prisonniers de Guantánamo sont des musulmans pratiquants qui excluent tout contact avec des femmes autres que leur épouse.
«J'ai appris que cette tenue était utilisée par une des employées civiles [...] d'une équipe interrogeant au milieu de la nuit des Saoudiens qui refusaient de parler.» Certains détenus de Guantánamo libérés depuis ont raconté avoir été tourmentés par des «prostituées».
Dans un autre cas, Erik Saar raconte comment une enquêteuse militaire a tenté de faire craquer un Saoudien. Devant son refus de parler, elle a enlevé le haut de son uniforme, dévoilant un maillot moulant, s'est caressé les seins, les a frottés contre son dos et a fait des commentaires sur son apparente érection. Le prisonnier lui a craché au visage, selon le manuscrit.
L'«interrogatrice» a alors décidé d'utiliser une autre technique. Un interprète lui a conseillé de faire croire au détenu qu'elle avait ses règles. Une interprétation stricte de la loi islamique interdit tout contact physique avec les femmes en période de menstruations, considérées comme «impures». «L'idée était de faire en sorte que le détenu sente, après avoir parlé avec elle, qu'il était souillé et ne pouvait ainsi prier son Dieu et trouver des forces [morales]», souligne le document. La militaire a utilisé de l'encre rouge pour duper le détenu et lui en a barbouillé sur le visage. «Il a hurlé, craché sur elle et a bondi en avant» si violemment qu'il a brisé un des fers qu'il avait aux chevilles, souligne le document.
Le récit d'Erik Saar fait écho à deux incidents rendus publics par l'armée américaine mais n'ayant pu être confirmés de source indépendante.

