Tourisme: Tango à Buenos Aires
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L'art est dans les gens, et non pas dans la rue. Et, comble de l'abondance, c'est à mon sens la ville du monde où se fabriquent les meilleures pizzas. Avec Carlos Gardel en toile de fond...
Comment se retrouver
À Buenos Aires, le quadrillage de la ville est davantage tourné vers le modèle nord-américain que l'européen, ce qui peut surprendre quand on sait que la capitale argentine a été façonnée par des générations d'Italiens, d'Espagnols, d'Allemands, de Français, de Portugais, etc. Cinq fois plus grosse que Paris en superficie, elle est devenue la deuxième plus grande métropole de l'hémisphère sud, avec plus de dix millions d'habitants.
C'est une ville sans grâce extérieure et qui s'est créée de l'intérieur. Il faut gratter, pousser des portes où rencontrer des locaux pour en savoir plus, pour connaître l'âme de Buenos Aires. Ville tracée au cordeau et à l'équerre, elle a pratiquement tout effacé de son passé colonial. Peu de monuments, aucun vestige grandiose, des rues qui se coupent à angle droit et où il est facile de s'orienter.
Les moyens de locomotion sont peu coûteux et très nombreux, les taxis en particulier. Le transport le moins onéreux et le plus typique reste le colectivo, un bus multicolore enfoui sous les peintures, les décalcomanies et les accessoires les plus divers : un peu comme un défilé de carnaval. À l'intérieur, l'atmosphère n'est pas triste non plus. La place du chauffeur, entre le pare-brise et le levier de vitesse, relève de la vente de garage (tableaux de Madonna, Evita Peron, Carlos Gardel, Maradonna, Vierge Marie, bouquet de fleurs, photos de famille avec baptêmes, mariages et enterrements). L'ambiance y est bon enfant et on peut rencontrer aussi bien des ministres que des délinquants.
Le métro, lui, est très pratique et dessert surtout le périmètre de la Plaza de Mayo. Comme Buenos Aires est une ville qui se couche tard et qui se réveille tôt, il y a toujours un moyen de se transporter quelque part. Pour bien se repérer, l'avenida 9 de Julio (large de 200 mètres) coupe la capitale en deux et va jusqu'au port.
Les tours guidés
Du côté de l'Office de tourisme, il y a des tours guidés de la ville de peu d'intérêt. Les agences de voyages « réceptives » se positionnent surtout sur la découverte de l'Argentine via les gauchos (la Pampa), le bord de mer (la Plata) et les provinces couvrant Ushaia, la Patagonie, les chutes d'Iguaçu, la Cordillère ou le monde indien dans la province de Salta, près de la Bolivie. Itinéraire jésuite dans la province de Misiones, en pleine forêt tropicale, entre le Brésil et le Paraguay (pour la marche en forêt durant huit jours).
Beaucoup de tours guidés proposent des sorties en mer sur catamaran, avec logement chez l'habitant une fois arrivés à terre.
Entre vieilleries et musées
- Le quartier de la Boca. Vieux port, usines désaffectées. Maisons basses en tôle. Endroit habité par les immigrants du début du siècle. Grecs, Yougoslaves, Turcs et Italiens y résident dans une ambiance très chaude. Berceau du prolétariat, ce quartier a vu naître le tango. On y danse encore le samedi et le dimanche, jusqu'aux petites heures.
- La voie de chemin de fer désaffectée. Idéale pour sentir le Vieux-Buenos Aires. Vieilles maisons bariolées en bois.
- Le Museo Nacional de Bellas Artes (peintures et sculptures de l'époque coloniale).
- Le Museo de Historia natural de La Plata (section préhistorique unique au monde). Section archéologique avec pièces des civilisations préincaïques du Pérou : Nazca, Chimu et Mochica.
Des mondes à visiter
Assister à un match de polo. Rien à voir avec les politesses anglaises déjà vues dans le même sport. Ici, on se tape à cheval à coups de maillets et on s'engueule du haut de sa selle. Matchs tous le samedis et dimanches, à partir de 17 h 30. Le soccer, à Mar del Plata, vaut aussi le détour. Surtout si une équipe brésilienne est l'adversaire, ou pour un concert de Julio Iglesias (surréaliste et émouvant de quétainisme latin).
Une attraction bien portena, le marché gaucho, dans les anciens abattoirs du quartier des Mataderos, les samedis et dimanches : les gauchos y font des démonstrations de lasso, de lancer de bolas et de leur habileté à descendre d'un cheval en marche. On peut se procurer à très bon marché la panoplie du parfait petit gaucho macho.
Le quartier de la Recoleta est en fait le point de repère des gens riches et célèbres locaux. Cela vaut surtout sur le dessin des grilles, des jardins et des systèmes de sécurité très voyants. Les gardiens de sécurité de ce quartier sont les plus forts dragueurs de la ville. Pour une leçon d'abordage, le meilleur temps se situe entre 15h et 18h.
Pour le magasinage : le périmètre où sont concentrées les activités marchandes. La Calle Florida (piétonne sur deux kilomètres de long) fait dans le classique et le luxe.
L'Avenida Santa Fe ainsi que le quartier de Once sont aussi le rendez-vous des élégantes s'essayant sur du vrai Armani ou du faux Vuitton. De nombreuses galeries d'art ainsi que des restaurants pointillent le parcours mercantile.
En dehors de la capitale
Malgré que l'Argentine soit très vaste, il y a deux régions qui méritent absolument le détour. La province de Misiones, avec le parc national d'Iguazu au nord-est du pays, et la Patagonie, sise devant le détroit de Magellan. Pour le parc, vous pouvez l'atteindre en avion ou en bus avec Expresso Singer (% 313 2355). C'est là que se trouvent les chutes d'Iguazu (275 chutes au milieu de la jungle, avec jaguars à la clé). Il y a deux côtés aux chutes, l'argentin et le brésilien. Les deux sont impressionnants mais c'est du côté brésilien qu'on peut faire les chutes en hélico (50 $US les 10 minutes) avec plongeon dans le fameux trou du Diable. Le parc national se parcourt avec ou sans guide. Dans le deuxième cas, prenez une boussole et un fusil. La ville de Ciudad del Este, en face de Foz do Iguaçu. C'est au Paraguay, à côté du barrage d'Itaipu. Paradis des trafics en tout genre.
Pour la Patagonie, le parc national des Glaciers. On s'y rend en longeant le lago argentino (icebergs bleus et arbres morts), le glacier Upsalla (trois fois plus grand que Buenos Aires.
El Chalten, village isolé au pied des montagnes et point de départ de toutes les excursions andines avec l'agence Los Glacieres. Pour faire dans le grand glacier, El Perito Moreno, à une centaine de kilomètres d'El Calafate. C'est l'un des plus grands glaciers au monde et l'un des seuls à toujours vouloir grandir. Toutes les cinq minutes, des pans entiers de glace tombent dans le lac Agence Safari Nautico.
Pour une station balnéaire un peu cossue, La Plata se trouve à 50 kilomètres. Sur la plage, autant de jeunes loups et louves que de sénilités abusées par le soleil. À observer avec modération.
Coup de coeur hôtelier
La Argentina Hotel : avenida de Mayo. Dans le centre. Un hôtel bourré de charme. On y parle un français très original. Chambres anciennes avec robinetterie d'époque. Meilleure acoustique (avant 8 h et après 22 h). Excellent accueil. 342 0078.
Pour de plus grandes chambres dans un quartier chic : l'hôtel Palermo, avec façade style Belle Époque. 773 5133.
Les restos
L'Argentin est un carnivore et apprécie toutes les chairs : mouton, porc, poulet. Mais la seule qui mérite à ses yeux le vocable de carne est la viande de boeuf. Héritage de la tradition gaucho, l'assado, ou parrillada, est un véritable rituel national composé de plusieurs sortes de viandes et d'abats; filet, boudin, entrecôte, chorizo, rognons, ris de veau en dés tous cuits à la braise et servis dans une large assiette. En guise de hors-d'oeuvre, on commence par des empanadas, petits pâtés de viande hachée dont il existe au moins 15 variétés. Repas servis avec d'excellents vins rouges de la région de Mendoza, à l'ouest du pays. Et tout repas argentin se termine par une douceur très, mais très sucrée, la dulce de leche (confiture de lait cuit).
Comme les dernières séances de cinéma se terminent à 3 h du matin, vous comprendrez bien vite qu'il n'y a aucun problème à manger tard. C'est aussi la ville où les Italiens fabriquent la meilleure pizza au monde (même avant l'Italie).
Pour des points forts, El Repecho de San Telmo (ambiance coloniale, plats argentins et italiens) ; La Chacra (spécialiste de la Parrillada) ; L'Estancia (cuisine gaucho servie par des gauchos. Pour déguster des plats typiques dans une ambiance bon enfant, tous les petits restaurants regroupés en face du Rio de la Plata.
Pour faire typique: le quartier de la Boca (quartier gênois) avec la calle Necochea où s'alignent toutes les gargotes italiennes (pâtes fraîches et poissons). Y aller et repartir en taxi... C'est plus sûr.
Tirelires locales
Les articles de cuir (vêtements et maroquinerie) comme à La casa El Trebol et à la Casa Norde. Sur l'Avenida Corrientes, librairies de livres d'occasion et galeries marchandes (de la bébelle made in Pampa au disque folklorique). Le dimanche matin, le marché aux puces de la place San Telmo est un endroit assez surréaliste. On y fait du tango, on y vend de vieilles partitions et on y propose entre autres des filetes : petites plaques de bois aux bords ouvragés et enrubannés, portant des inscriptions humoristiques ou politiques typiquement argentines. Pour les amoureux de vieilles casseroles, de vieux marteaux, de vieux foulards, de vieilles photos, de vieux machos...
Chalouper la nuit
Incontournable, le tango... C'est beau et c'est unique... Ouverts de 11 h à 3 h du matin, ces établissements distillent toujours les mêmes passions : Casa de Carlos Gardel, El Abrojito, Salon Argentino, El Viejo Almacen (meilleur orchestre de tango local), Taconeando (vieux airs de tango chantés).
Pour aller boire un verre, le Cafe Homero, le Palermo Viejo sur la Plaza de la Guadelupe (que tout le monde là-bas appelle Place Freud à cause de la forte concentration de psys dans le coin).
La Verduleria pour un mélange tango, rock et musique caraïbe.
Lectures
- Argentine, de Pierre Kalfon, éditions Planète.
- Patagonia, de J. Delaborde, éditions Laffont.
- Buenos Aires, de Christiane Chambenois, éditions Fayard.
- Buenos Aires, de Graziella Schneier Madanes, éditions Autrement.
- Qui se souvient des hommes, de Jean Raspail, éditions Laffont.
- Les oeuvres des natifs du coin : Jorge Luis Borges (Ferveur de Buenos Aires) et Julio Cartazar.
- Guides du Routard Brésil et Argentine, Fodor's Guide, ainsi que Rough Guide et Lonely Planet.
- Renseignements
www.buenosaires.com/, www.ba-night.com/, www.turismo.gov.ar/, www.buenosairestango.com/, www.consargenmtl.com/infofr.htm, www.aircanada.com/, www.aerolineas.com.ar/.
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