Les activistes défient déjà le successeur d'Arafat - Sharon passe un coup de fil à Abbas

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Reuters
Édition du mercredi 12 janvier 2005

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Gaza -- Des activistes palestiniens ont défié le président nouvellement élu, Mahmoud Abbas, qui les incitait à la retenue, en reprenant leurs attaques contre les colonies juives de Gaza et Israël, hier, alors même qu'Ariel Sharon disait vouloir rencontrer le successeur de Yasser Arafat pour s'assurer qu'il est en mesure de mettre au pas les radicaux.

Au lendemain de la confirmation donnée par la Knesset à son nouveau gouvernement de coalition, Ariel Sharon a téléphoné à Mahmoud Abbas pour le féliciter de son élection à la présidence palestinienne et envisager avec lui une reprise du processus de paix

Lors de leur conversation d'une dizaine de minutes, Abbas et Sharon ont «évoqué les moyens de réanimer le processus de paix» ainsi qu'une «rencontre entre eux deux dont les modalités seront fixées dans les jours à venir», a déclaré le porte-parole d'Abbas, Maher Chalabi.

Le bureau de Sharon a ajouté que les deux hommes, qui sont convenus de rester en contact téléphonique, devaient se voir «bientôt» et il a précisé que le premier ministre avait formulé à son interlocuteur ses voeux de succès pour son mandat présidentiel et l'avait assuré de son désir de coopération.

Sharon avait déclaré auparavant au nouveau gouvernement israélien, dont son vieux rival travailliste, Shimon Peres, est désormais le numéro deux, que les efforts de l'Autorité palestinienne pour «mettre fin au terrorisme» seraient l'une des premières questions abordées avec Abbas.

De source militaire israélienne, on dit que Sharon est prêt à laisser la police palestinienne assurer la sécurité dans la quasi-totalité des territoires autonomes si Abbas fait la preuve qu'il déploie le maximum d'efforts pour mettre au pas les groupes radicaux.

La dernière rencontre entre Sharon et Abbas remonte à l'été 2003. Ce dernier, alors premier ministre de Yasser Arafat, avait réussi à obtenir des organisations palestiniennes radicales une trêve, rompue après moins de deux mois en raison de la poursuite des assassinats ciblés par Israël et des représailles sanglantes qu'ils avaient entraînées.

Roquettes et mortiers

Abbas, tenu en estime non seulement par Israël mais aussi par les Européens et par les États-Unis, clés d'une solution au Proche-Orient, est un adversaire affiché de la militarisation de l'intifada, qui paralyse depuis quatre ans les efforts pour que soit trouvée une solution diplomatique au conflit.

Toutefois, 48 heures après l'élection présidentielle qu'ils avaient appelé à boycotter, les activistes palestiniens ont défié Abbas, qui les avait invités à faire preuve de retenue, en tirant sept roquettes et des obus de mortier contre des colonies juives de Gaza et une ville israélienne proche de la frontière. Ces tirs ont causé quelques dégâts matériels, mais n'ont fait aucune victime.

La reprise des tirs palestiniens après la trêve électorale et les possibles représailles israéliennes mettent déjà en péril les espoirs suscités par l'arrivée au pouvoir d'Abbas, considéré comme un modéré et un interlocuteur valable du côté israélien.

La nouvelle donne

«Je pense que quelque chose de spectaculaire s'est passé du côté palestinien, avec la mort d'Arafat et la large élection d'Abou Mazen, qui permet aux Palestiniens de choisir une autre voie, sans violence ni terrorisme, mais dans le dialogue», a déclaré le ministre israélien de la Défense, Shaul Mofaz, sur les ondes de Radio Israël. Il a ajouté que la paix dépendrait de la capacité d'Abbas à «démanteler les infrastructures terroristes, stopper les tirs de roquettes et arrêter les kamikazes. Nous avons l'intention de mettre en oeuvre le plan de désengagement. Mais nous ne pourrons pas le faire sous le feu [palestinien].»

Un porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri, a déclaré que le mouvement islamiste chercherait à trouver «un terrain d'entente» avec Abbas, mais il a prévenu que la «résistance à l'occupation continuerait».

Après avoir ostracisé durant des années l'ancien président palestinien Yasser Arafat, le président américain George Bush

a contacté lundi son successeur et s'est empressé de l'inviter à Washington.

Mais les observateurs mettent en garde contre tout excès d'optimisme. Aucun des deux camps n'a pour l'heure laissé filtrer des signes d'éventuels compromis sur des sujets conflictuels comme les frontières, le statut de Jérusalem ou les réparations à verser à des millions de réfugiés palestiniens.


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