La réforme au secondaire - Déjà septembre pour une quinzaine d'écoles
Mots clés :
«Donner aux élèves une formation leur permettant de réfléchir et de s'engager comme citoyens»
Il y a une décennie, les intervenants du milieu scolaire ont décidé de tout mettre en oeuvre afin de préparer adéquatement les élèves aux défis que leur réserve le XXIe siècle. À cette fin, ils ont conçu la «réforme scolaire» qui, après avoir été implantée ces dernières années dans les écoles primaires, arrive maintenant au secondaire.Mme Rioux-Dolan rappelle que la réforme s'est amorcée lors des états généraux de l'éducation qui se sont tenus entre 1995 et 1997. «Il s'agissait de voir ce que l'on constatait et souhaitait, dit-elle, à savoir qu'il y a un certain nombre d'élèves qui abandonnent l'école et se retrouvent dans le monde des adultes sans qualifications ni diplôme. On s'est donc mobilisé pour déterminer ce qu'on pourrait faire afin d'obtenir une plus grande réussite de nos élèves. Voilà le but de la réforme!»
Autrefois enseignante, Mme Rioux-Dolan oeuvre au ministère de l'Éducation depuis les débuts de l'implantation de la réforme. «Mon mandat principal, dit-elle, est de concrétiser la réforme de l'éducation, cette rénovation en profondeur du curriculum.»
Préparer les futurs citoyens
La réforme scolaire vise à doter les élèves du primaire et du secondaire des outils dont ils auront besoin tout au long de leur existence. De plus, comme l'indique Margaret Rioux-Dolan, «puisque tous les élèves ne sont pas identiques, qu'ils ne s'intéressent pas tous à la même chose et qu'ils n'apprennent pas tous de la même façon, on tente d'adapter leur cheminement scolaire afin que tous parviennent à compléter leur secondaire».
L'innovation principale de la réforme consiste à «intégrer» tous les savoirs, c'est-à-dire qu'au lieu d'apprendre, par exemple, des notions de français dans les cours de langues et des notions de calcul dans les cours de mathématiques, les élèves devront utiliser aussi bien les règles de français dans leurs cours de mathématiques que le calcul dans leurs cours de français.
«Il s'agit de donner aux élèves une formation leur permettant de réfléchir et de s'engager comme citoyens, précise la responsable, et de participer aux grandes préoccupations de la société telles que l'environnement, la santé et le bien-être, l'orientation d'"entrepreneuriat" et les médias.»
À cette fin, certaines matières enseignées jusqu'à présent sont intégrées dans de vastes programmes. C'est le cas de l'écologie, des sciences physiques et de la biologie, qui constituent désormais le Programme des sciences et technologies. La réforme consacre en outre davantage d'heures à l'enseignement du français (de 400 à 650 heures) et à l'histoire (de 200 à 450 heures).
Programmes et compétences
En conséquence, certains programmes disparaissent ou sont intégrés à d'autres. «Un programme comme l'éducation au choix de carrière n'existera plus comme tel, rapporte Mme Rioux-Dolan, mais sera abordé dans l'ensemble des disciplines enseignées. Quant à la formation personnelle et sociale, ce ne sera plus un cours comme tel, mais une préoccupation à l'intérieur des domaines généraux de formation.»
Comme l'illustrent ces modifications, les promoteurs de la réforme souhaitent relier toutes les connaissances enseignées. «Il faut que chaque élève voit les liens qui lui seront utiles dans la vie courante, explique Margaret Rioux-Dolan. Ainsi, lorsqu'on se rend faire des emplettes au marché, on a tous besoin de nos habiletés de lecture -- il faut décoder l'information -- et de calcul, etc. On cherche donc à donner aux élèves une formation qui met l'accent sur des compétences importantes pour eux.»
La réforme vise en fait à développer chez eux quatre types de compétences, à savoir des compétences d'ordre intellectuel (développer des stratégies pour utiliser l'information, être capable de porter des jugements critiques, etc.), des compétences méthodologiques (être capable de s'organiser pour faire un travail, pour chercher les ressources nécessaires afin de réaliser une activité, etc.), des compétences de communication (communiquer dans toutes les sphères) et des compétences d'ordre personnel et social (apprendre à coopérer et à travailler ensemble afin de partager, réfléchir et respecter l'autre, etc.).
«Ce sont là, notons-le, des compétences qui nous sont demandées dans la société d'aujourd'hui, indique Mme Rioux-Dolan. Il faut donc amener chaque élève à réaliser des activités dans lesquelles il exploite les connaissances qu'il possède déjà et d'autres qu'il ira chercher. Il faut leur apprendre à être autonomes car, tout au long de leur vie, ils devront acquérir par eux-mêmes de nouvelles connaissances.»
De plus, la réforme tente d'adapter l'école aux besoins de chacun. «On souhaite que le personnel scolaire soit en mesure d'accorder un suivi plus personnalisé à chaque élève de telle sorte que, quand l'un d'eux éprouvera certaines difficultés d'apprentissage, on interviendra rapidement afin d'apporter un correctif lui permettant de continuer.»
À l'affiche dès septembre
Jusqu'à présent, le programme de la réforme a été testé dans une quinzaine d'écoles réparties sur l'ensemble du territoire québécois, «et ça va bien», relate Mme Rioux-Dolan.
La responsable constate d'ailleurs que la réforme a des effets bénéfiques là où elle a été implantée. «On s'est rendu compte, par exemple, que la concertation entre les professeurs a des incidences bénéfiques sur les activités d'apprentissage plus complexes et, donc, sur l'intérêt des élèves. La réforme, je dirais, permet de vivre autrement la vie à l'école et ce, autant pour les élèves, les professeurs que pour toute l'"équipe-école".»
«C'est sûr que l'implantation d'une telle réforme est exigeante, conclut-elle, mais on constate que le personnel scolaire est déjà mobilisé et qu'il adhère aux grandes orientations. Bien sûr, lorsqu'on met les choses en pratique, on est confronté à des difficultés. Néanmoins, jusqu'à présent, je dirais que les gens se disent contents, bien qu'il reste encore des tas de choses à améliorer et que nous soyons tous confrontés à des problèmes à résoudre. Toutefois, tout compte fait, c'est très encourageant!»
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