L'adoption des enfants seuls reste strictement encadrée

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AP
Édition du vendredi 07 janvier 2005

Mots clés : tsunamis, adoption

Berlin -- De par le monde, de bonnes volontés se proposent pour adopter les dizaines de milliers d'orphelins laissés par le séisme et les tsunamis du 26 décembre en Asie du Sud, mais autorités et organisations spécialisées privilégient le placement dans la famille ou le pays d'origine, dans un cadre strict, afin d'éviter tout trafic.

L'Indonésie, le pays le plus frappé avec plus de 94 000 morts, a ainsi interdit la sortie du territoire aux enfants d'Aceh de moins de 16 ans, renforcé la protection des orphelins dans les camps de réfugiés et limité l'adoption par des étrangers à ceux vivant dans le pays depuis au moins deux ans. Jakarta estime que 35 000 enfants ont perdu leur père, leur mère ou les deux dans la catastrophe. Or de nombreux Indonésiens ont récemment reçu sur leur téléphone portable des propositions d'adoption d'orphelins de la province d'Aceh, à la pointe nord de l'île de Sumatra.

Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) et d'autres organismes redoutent que des gangs, bien établis en Indonésie, ne ravissent des orphelins pour les revendre à des réseaux de travail forcé ou de prostitution opérant dans des pays voisins plus riches, tels la Malaysia et Singapour. De son côté, la Thaïlande n'accepte plus de nouveaux dossiers depuis janvier 2003; en Inde, il faut passer obligatoirement par un organisme autorisé et habilité pour l'adoption et en Malaysia, seuls les étrangers résidant sur place peuvent adopter des enfants.

Dans leurs pays avant tout

Maria Holz, membre de l'association Terre des hommes à Osnabruck, en Allemagne, a reçu dix fois plus de demandes sur les orphelins à l'étranger depuis le 26 décembre mais, pour elle, la priorité est de trouver à ces enfants un foyer dans leur pays, avec des proches ou des parents adoptifs. Si l'on veut aider les enfants, mieux vaut donc donner aux organisations spécialisées. Les polémiques sur l'adoption qui ont éclaté ces dernières années au Cambodge ou en Roumanie ont démontré la nécessité de respecter un cadre très strict pour protéger les enfants et les familles.

À Paris, le gouvernement a rappelé hier que l'«intérêt supérieur de l'enfant» devait prévaloir et que «les enfants survivants séparés de leurs parents [n'étaient pas], de ce seul fait, adoptables». En effet, «en situation d'urgence, un enfant n'est "adoptable" qu'après un délai raisonnable, correspondant à la période pendant laquelle toutes les démarches visant à retrouver les parents ou tout membre de la famille survivant pourront avoir été effectuées».


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