Sauvetage du télescope Hubble - Un robot canadien est appelé en renfort

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Louise-Maude Rioux Soucy
Édition du jeudi 06 janvier 2005

Mots clés : hubble

En plus d'une décennie de loyaux services, Hubble a révolutionné l'astronomie. - Source: Nasa

Condamné à une mort lente il y a un an, le télescope spatial Hubble pourrait bien obtenir un nouveau sursis grâce à une expertise toute canadienne, a annoncé avec fierté hier le président de l'Agence spatiale canadienne (ASC), Marc Garneau.

C'est la NASA elle-même qui a mandaté le géant ontarien MDA afin qu'il élabore un concept de mission pour le sauvetage éventuel du télescope. Cette mission permettra de mettre à profit la technologie robotique spatiale canadienne développée pour le robot Dextre. Sa mission: réparer et mettre à niveau ledit télescope si, bien sûr, la NASA décide d'aller de l'avant avec ce projet.

En effet, le sort de celui que les spécialistes qualifient de «télescope le plus important de l'histoire» est loin d'être scellé. C'est qu'Hubble a cruellement besoin de batteries et de nouveaux gyroscopes. Sans cela, il pourrait bien s'éteindre dès cette année ou, au mieux, survivre jusqu'en 2007.

Deux options

Deux options sont donc à l'étude. Au premier chef, l'envoi d'une navette avec un équipage d'astronautes tel que proposé par un comité d'experts de l'Académie américaine des sciences. Mais la désintégration tragique de la navette Columbia, le 1er février 2003, fait pencher la NASA vers une autre option.

De nouveaux critères de sécurité ont en effet été adoptés depuis l'événement malheureux. Ainsi, les vols -- qui doivent reprendre en mars 2005 -- devront tous être à destination de la Station spatiale internationale et ne pas s'en éloigner. Pas moyen donc d'atteindre le télescope, qui évolue sur une autre trajectoire. C'est là que l'expertise canadienne devient intéressante.

Concrètement, Dextre est un robot à deux bras destiné à l'entretien extérieur de la Station spatiale internationale. Il a été conçu pour réaliser des tâches complexes dans les conditions hostiles de l'espace, comme l'installation et le retrait de batteries, de blocs d'alimentation, d'ordinateurs et de charges utiles scientifiques. En l'adaptant quelque peu, il devrait pouvoir contribuer à donner à Hubble un sursis jusqu'en 2010.

Supériorité canadienne

Pour Marc Garneau, l'invitation de la NASA confirme la supériorité du Canada dans le domaine pointu de la robotique. «Grâce à l'engagement de longue date et à la vision à long terme du gouvernement du Canada, nous avons acquis une réputation de leaders et d'innovateurs dans le domaine de la robotique spatiale ainsi qu'une expertise de premier ordre. Le fait que la NASA reconnaisse l'expertise de MDA est également une source de fierté pour tous les Canadiens.»

En plus d'une décennie de loyaux services, Hubble a révolutionné l'astronomie. Lancé en 1990, l'engin de 2,5 tonnes devait prendre une retraite méritée en 2010 avec l'arrivée du télescope James-Webb, attendu pour cette date. On chuchote toutefois déjà dans les couloirs du petit monde de l'astrophysique qu'il ne sera vraisemblablement pas prêt avant 2012, d'où l'impératif de maintenir Hubble le plus longtemps possible.

On lui doit la première preuve tangible des trous noirs et nombre d'éléments soutenant la théorie du big bang. Reculant jusqu'au berceau de l'univers avec ses stupéfiantes colonnes de la création, véritables pouponnières des étoiles naissantes, le télescope spatial Hubble a de surcroît fourni au fil des ans nombre de clichés spectaculaires.


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