Les banques croient que 2005 ressemblera à 2004

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Édition du jeudi 06 janvier 2005

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Les perspectives économiques pour le Canada sont «raisonnablement favorables»

Toronto -- L'économie canadienne continuera d'afficher une croissance solide mais modeste en 2005, même si certains secteurs seront affectés par le niveau élevé du huard, ont convenu des économistes des grandes banques canadiennes réunis dans le cadre d'un petit déjeuner d'affaires à Toronto, hier.

Les 250 agents de Bay Street ont entendu les discours de cinq de leurs collègues, dont celui, dur, de Don Drummond, de la Banque TD: «Je ne pense pas que l'environnement rende facile de faire beaucoup d'argent». Des prix des matières premières qui fléchissent et un secteur manufacturier dérangé par le niveau élevé du dollar vont éliminer les rendements sur les actifs au Canada, a-t-il affirmé. Entre-temps, les investissements aux États-Unis vont demeurer exposés aux fluctuations des taux de change -- qui ont grandement influé sur les rendements des marchés financiers américains lorsque convertis en dollars canadiens.

Mais dans l'ensemble, les perspectives économiques pour le Canada sont «raisonnablement favorables», selon M. Drummond. Comme ses confrères qui ont pris la parole au cours de la rencontre, Don Drummond a souligné que les bilans des entreprises sont solides et que les dépenses des consommateurs ne devraient pas chuter.

«Cette année ressemblera beaucoup à l'année dernière», a prédit Craig Wright, de la Banque Royale.

Les prévisions des cinq grandes banques canadiennes ne diffèrent pas énormément; elles vont de 2,5 à 3,2 % pour ce qui concerne la croissance du PIB canadien et de 3,5 à 4,5 % pour le PIB américain. «D'un point de vue canadien, on ne peut guère demander mieux», a dit Rick Egelton, de la Banque de Montréal.

Cependant, «cela ne sera vécu par aucun secteur comme une croissance normale de 3 %», a précisé M. Egelton. Quelques industries vont prospérer, alors que pour d'autres -- l'industrie manufacturière du Canada central, notamment --, 2005 pourrait ressembler à une année de récession, selon lui.

Avery Shenfeld, de Marchés mondiaux CIBC, de même que Warren Jestin, de la Banque Scotia ont aussi pris la parole hier matin. M. Jestin, le moins optimiste des cinq orateurs -- qui prédit une croissance de 2,5 % et un huard à 90 ¢US en 2005 --, a noté que le taux d'expansion est «assez souple».

Les cinq se sont entendus sur une chose: le dollar canadien représente le risque le plus important pour la performance économique du pays.

Un sondage réalisé par la firme Pollara au début du mois de décembre, et dont les résultats ont été publiés hier, suggère à cet effet que la moitié des Canadiens croient que la remontée du dollar a nui à l'économie nationale, alors que 43 % pensent qu'au contraire, cela a été avantageux. Par ailleurs, 71 % des 1283 répondants ont dit croire que l'économie est dans une période de croissance, soit une hausse de 11 % par rapport à l'an dernier.

La marge d'erreur est de 2,7 %, 19 fois sur 20.


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