Sondage Hewitt et associés sur les «meilleurs employeurs» au pays - Les détaillants boudent le classement de Wal-Mart
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Au moins cinq des plus grandes entreprises de détail refusent de participer au sondage

Photo: Agence France-Presse
Cette année, 120 entreprises ont pris part à l'opération. Pourquoi bouder le sondage? Hewitt affirme qu'il s'agit d'un outil de planification intéressant au chapitre des ressources humaines, mais certaines entreprises consultées estiment que le sondage est trop long à compléter.
«Il y a plusieurs sondages chaque année et nous avons décidé de laisser tomber le Hewitt. Nous l'avons complété deux ou trois fois au cours des cinq dernières années, mais, au bout du compte, ça ne valait pas la peine», dit Scott Bonikowski, porte-parole de Canadian Tire, qui s'était classé 32e il y a deux ans à sa dernière participation. «De toute façon, nous faisons notre propre étude interne et participons à un autre sondage, et nous nous classons au sommet des entreprises nord-américaines dans toutes les catégories.»
À la Compagnie de la baie d'Hudson, la direction donne elle aussi l'argument du temps mais insiste sur le besoin de mettre le sondage dans son contexte, à savoir l'aspect de la participation volontaire. «Nous sommes une vieille entreprise, alors les firmes veulent nous inclure, mais il faut être sélectif, sinon ça devient carrément une carrière», dit sa porte-parole, Hillary Stauth. «Mais nous n'étions pas d'accord avec les questions et la taille du sondage.»
Le classement est dominé par BC Biomedical Laboratories, une société du secteur de la santé en Colombie-Britannique. Le seul autre détaillant dans le top 50 est Sleep Country Canada, un spécialiste du matelas à Toronto, au 20e rang.
Signaler la performance
Chaque année, Wal-Mart diffuse un communiqué pour souligner sa performance dans le classement, où l'entreprise se classait au 14e rang l'an dernier. Le détaillant, que les syndicats n'hésitent jamais à qualifier d'antisyndical, affirme que le sondage donne avant tout «l'heure juste» sur ses pratiques.
«C'est bien d'être reconnu pour ce que nous croyons être la plus importante composante de notre entreprise, c'est-à-dire les gens, mais en même temps, nous voulons faire mieux», a indiqué au Devoir le directeur des communications à Toronto, Andrew Pelletier.
L'entreprise ne pense pas que l'absence des autres grands détaillants enlève quoi que ce soit au sondage, bien qu'elle aimerait voir une plus grande participation de leur part. «Plus il y a de compagnies, mieux c'est, poursuit M. Pelletier. Qu'elles y prennent part ou non, le fait est qu'elles ne se retrouvent même pas dans le classement et, si elles avaient l'impression qu'elles peuvent se classer dans les meilleurs, elles le feraient.»
L'ensemble des entreprises n'a aucun reproche de fond à faire à l'opération. Pour la firme de ressources humaines qui l'effectue, à tout le moins, le sondage permet de mieux planifier leur organisation. «Au-delà de la liste, les entreprises ont un outil très intéressant sur lequel se baser», dit Daniel Drolet, organisateur du sondage pour Hewitt au Québec.
«Et plusieurs participants qui font leurs plans de ressources humaines chaque année n'arrivent pas dans le top 50 mais continuent de sonder leurs employés. Il y a des avantages à terminer dans le top 50. Par exemple, l'attraction et la vitrine que cela procure. Pour quelqu'un qui cherche un emploi et qui voit la liste, ça peut être à l'avantage d'une entreprise.»
De son côté, Costco dit qu'elle fait ses propres enquêtes et qu'elle est très attentive aux besoins de ses employés. Si elle ne participe pas à ce classement, c'est une politique d'entreprise. «Mais en général, nous ne sommes pas une entreprise qui fait du marketing, conclut son porte-parole, Ron Damiani. Ce n'est pas dans nos moeurs de dire que nous sommes les meilleurs dans ceci ou cela.»
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