Ressortissants disparus - Ottawa commence à évoquer la mort possible des 146 Canadiens

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Édition du jeudi 06 janvier 2005

Mots clés : tsunami

Une réfugiée s'éloigne d'un centre de distribution de vivres mis en place par des militaires américains près de Banda Aceh, en Indonésie.

Photo: Agence Reuters

Ottawa -- Le gouvernement fédéral a commencé, hier, à préparer l'opinion publique à la possibilité bien réelle de la mort des 146 Canadiens officiellement disparus à la suite des tsunamis qui ont frappé l'Asie du Sud-Est, le 26 décembre.

Ottawa a déjà confirmé la mort d'au moins cinq Canadiens à cause du désastre, auxquels s'ajoutent deux autres identifiés par les médias.

«Comme l'a dit le premier ministre lundi, nous gardons espoir; nous continuons d'espérer que certaines de ces personnes seront retrouvées», a déclaré en conférence de presse James Fox, directeur responsable de l'Asie du Sud et du Sud-Est au sein du ministère des Affaires étrangères. «Néanmoins, comme les familles touchées, nous devons envisager la possibilité que ces personnes n'aient pas survécu à la catastrophe du 26 décembre», a-t-il ajouté.

Plus tôt cette semaine, le premier ministre de la Thaïlande, Thaksin Shinawatra, estimait que la vaste majorité des touristes européens et nord-américains disparus dans son pays devraient désormais être présumés morts.

En fait, il est à prévoir qu'on ne puisse jamais retrouver les corps de plusieurs victimes, a rappelé le Dr James Young, commissaire ontarien à la gestion des situations d'urgence, qui se trouve actuellement en Thaïlande, où séjournaient la plupart des Canadiens dont on est sans nouvelles.

Le ministère des Affaires étrangères a tout de même fourni à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et à Interpol, mardi, la liste de ces personnes. La police fédérale a entamé un «long processus» visant à recueillir, au Canada, des renseignements détaillés sur chaque disparition.

Des agents de la GRC rencontreront les familles de chaque personne disparue et rempliront des rapports officiels qui seront intégrés aux bases de données internationales.

Pas de liste publique

Invoquant des motifs de confidentialité et de respect des familles, Ottawa refuse toujours de rendre publics les noms des ressortissants canadiens disparus en Asie, en dépit du fait qu'une telle divulgation pourrait permettre de retracer plus rapidement certaines personnes. Mais une liste officieuse compilée par le quotidien Toronto Star donne le nom de plus d'une centaine de Canadiens manquant à l'appel, dont sept sont officiellement morts.

La plupart de ces derniers vivaient au Québec: Gilles Bouchard, 58 ans, un ex-enseignant de Gatineau; Mathieu Lafond, 28 ans, un analyste financier de Repentigny; Ernst Piegsa, 85 ans, un retraité de Montréal; Anabelle Plourde, six mois; Rebecca Clark, 32 ans, une agente de conservation de l'environnement d'Annapolis Royal, en Nouvelle-Écosse et Erin Hilker, 30 ans. À ces personnes décédées en Thaïlande, il faut ajouter June Kander, 77 ans, une ancienne professeure de l'université McGill domiciliée à Québec, qui a perdu la vie au Sri Lanka.

Le ministère des Affaires étrangères n'a pas voulu confirmer la validité des informations publiées par le Star, mais il ne les a pas infirmées non plus.

Les fonctionnaires ont toutefois indiqué qu'ils maintenaient ouverts les dossiers de quelque 376 personnes «au sujet desquelles nous avons très peu d'information ou pour lesquelles il a été impossible de confirmer auprès de nombreuses sources les renseignements disponibles». Ces dossiers s'ajoutent à ceux des 146 Canadiens officiellement disparus.


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