Opinion
Libre opinion: Une autre erreur boréale à Chapais?
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Le fabricant de munitions SNC TEC (filiale de SNC Lavalin) projette l'implantation d'un centre d'essais balistiques (tirs d'obus pour vérifier la fiabilité de chaque lot produit) à Chapais (municipalité de Baie-James). Après avoir envisagé sept territoires (cinq au Québec, un en Ontario et un au Nouveau-Brunswick), on a choisi Chapais...
Tous les impacts environnementaux prévus dans les plans sont jugés par SNC TEC comme mineurs voire négligeables quand on les prend à la pièce... Mais le total montre clairement qu'on prévoit la déforestation de 550 hectares de terres publiques patrimoniales et de nombreux impacts de différents niveaux. Tout cela pour 30 jours de tirs de munitions de gros calibre et 3000 tirs par an, ce qui revient à une production de 1 500 000 obus par an.
SNC TEC a tout intérêt à minimiser les impacts potentiels!
Par exemple, sur le milieu physique et biologique, on dénombre 133 impacts potentiels jugés par SNC TEC comme moyens, mineurs ou négligeables et quelquefois temporaires, voire de courte durée.
Le relevé faunique de la FAPAQ indique la présence, sur le terrain choisi, de 158 espèces terrestres, aquatiques et aériennes dont une dizaine d'espèces menacées. Celles-ci pourraient être affectées par les explosions des munitions.
Est-ce un impact mineur et négligeable sur la biodiversité?
Est-ce que les apports économiques limités feront oublier les impacts? Non!
À Chapais, la population et les intervenants jamésiens et cris ont-ils été adéquatement informés sur le projet avant de répondre à un sondage de la firme Pollara Inc. en mai dernier? Plus on a donné d'informations aux citoyens, plus l'opposition au projet de SNC TEC s'est manifestée.
Il y a eu deux séances d'audiences publiques, les 2 et 3 novembre dernier, à Waswanipi et à Chapais. Cela a permis aux citoyens de s'exprimer et de dire au promoteur et au COMEX (Comité d'examen bipartite Environnement Québec et Convention de la Baie James) qu'ils n'étaient pas en accord avec ce projet de destruction durable. Les représentants de SNC TEC ont donc, par la suite, refusé la diffusion publique de l'enregistrement des audiences par la TV communautaire locale. C'est tout dire!
Le projet est maintenant dans les mains des analystes du COMEX qui doivent soumettre, d'ici à la fin du mois de décembre 2004, une recommandation à la sous-ministre de l'Environnement du Québec.
Il faut espérer que le Principe de précaution, base de la loi de l'environnement, sera pris en considération sans détours ni compromis afin de ne pas accorder un certificat d'autorisation. D'autant plus que le livre blanc de 1994 de la Défense nationale qui devrait être remis à jour impérativement pourrait bien laisser 550 hectares déforestés et pollués dès la fin du contrat privilégié de fournitures de munitions entre SNC TEC et le MDN qui est prévu pour le 8 mai 2006.
Pourquoi SNC TEC ne pourrait-il pas utiliser dans l'État de l'Utah les terrains déjà contaminés par des essais nucléaires chez nos voisins partenaires de guerre, par exemple?
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Le Groupe d'action pour la restauration du lac Saint-Pierre (G.A.R.) est un groupe de citoyens riverains du lac Saint-Pierre qui intervient depuis 1991 sur les problématiques environnementales causées par la présence du Centre d'essais et d'expérimentation des munitions (CEEM) de Nicolet à la baseÀmilitaire de la Défense nationale et maintenant
exploité par SNC TEC depuis 1997.
Les connaissances acquises par le GAR depuis près de 15 ans donnent un éclairage
expérimenté supplémentaire et une mise en garde à tout projet de SNC TEC à Chapais.

