Cégeps: Reid attendra après les Fêtes pour déposer sa réforme
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Prenant acte des grincements de dents du réseau collégial, le ministre de l'Éducation a provoqué l'étonnement hier en annonçant le report en janvier des grandes lignes de sa réforme des cégeps.
Avant-hier encore, il était pourtant question de dévoiler ces orientations quelques jours seulement avant Noël. Tant les syndicats que les cégeps et les étudiants avaient vertement dénoncé ce mauvais moment, comme Le Devoir l'évoquait hier.
«Est-ce que [le ministre Reid] fait ses annonces en catimini parce que au fond c'est un gros pétard mouillé ou si c'est plutôt parce qu'il espère apporter en douce des changements majeurs?», a demandé hier matin Mme Marois, critique de l'opposition en matière d'éducation.
Le 10 janvier
C'est à ce moment que M. Reid a indiqué qu'il avait mené un «dialogue fructueux» tout l'automne avec l'ensemble des acteurs du réseau et que cet échange le conduisait à déposer ses orientations «début janvier». C'est le 10 janvier que le ministre dévoilerait le plan de match tant attendu.
Pauline Marois ne voit dans ce report qu'un «engagement rompu», puisque Pierre Reid, jusqu'au tout début de cette semaine, avait promis la livraison de ce plan attendu avant la fin de l'automne. «Peu importe ce qu'il décidait, il est perdant», analyse-t-elle.
Les syndicats, qui jurent n'avoir jamais réclamé ce report, n'y voient que la conséquence malheureuse d'un «flânage» exagéré et la démonstration d'une grande valse-hésitation. «Une vraie blague!», a lancé le président de la Fédération autonome du collégial (FAC), Alain Dion. «Il s'est coincé lui-même en retardant cette annonce tout l'automne, et maintenant, il nous dit candidement en Chambre que c'est parce qu'il a écouté ses partenaires qu'il attend encore.»
Plutôt que de rassurer les troupes, M. Reid les maintient dans le malaise, soutient aussi le président de la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), Ronald Cameron, comme son homologue de la Fédération des enseignants de cégeps (FEC-CSQ), Réginald Sorel. «Nous autres, c'est à l'automne qu'on voulait savoir», explique M. Cameron. «Tant qu'il ne met pas quelque chose sur la table, les gens ne savent pas à quoi s'attendre, et il maintient le malaise», ajoute M. Sorel.
«C'est l'ensemble du réseau collégial qui est en mode attente, et depuis longtemps», explique la présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Julie Bouchard. «S'il n'avait pas tant attendu, on n'en serait pas là.»
Les cégeps
Seuls les cégeps, qui ne voyaient pas d'un bon oeil une annonce à la veille de Noël, au moment où les collèges sont vides, ont soupiré d'aise devant ce report. «Nous sommes satisfaits, parce que nous jugeons que l'annonce sera faite dans de meilleures conditions», explique Caroline Tessier, directrice des communications à la Fédération des cégeps.
Au cabinet, on expliquait hier que le document était «prêt» et que les discussions «du dernier droit» ont permis à Pierre Reid de constater que mieux valait attendre encore un brin. «On jugera en janvier le moment opportun pour lancer les orientations», explique Caroline Richard, attachée de presse du ministre.
Selon nos informations, ce report n'est pas que simple affaire de calendrier et camouflerait un malaise plus profond ayant trait au choix des orientations du ministre. Présenté au caucus libéral cette semaine, le plan d'action n'aurait pas reçu un accueil chaleureux, ce qui compliquerait sa défense au sein même du gouvernement.
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