Des proprios passeront outre à la Régie
Mots clés : logement
Les hausses de loyer imposées atteindraient 15 % dans certains cas

Photo: Jacques Nadeau
La CORPIQ est lasse d'attendre de voir le sort que le gouvernement réserve au rapport du groupe Roche, qui proposait en novembre 2003 une nouvelle méthode de calcul des hausses de loyer. Le gouvernement a décidé de traiter la question dans le cadre de la consultation sur la politique de l'habitation, dont le lancement prévu à l'automne est maintenant reporté à l'année prochaine.
L'Association des propriétaires du Québec a quant à elle suggéré hier des augmentations de 5 % en janvier prochain. La CORPIQ avance pour sa part que le «rattrapage» pourrait impliquer des hausses allant jusqu'à 15 %. «Ce n'est qu'un début, il y aura d'autres moyens de pression. Juillet 2005 risque d'être très occupé», menace M. Courtemanche, empruntant un vocabulaire généralement propre aux groupes de locataires.
Frustrée que le gouvernement ait écarté la possibilité de saisir les chèques d'aide sociale aux prestataires qui ne paient pas leur loyer, la CORPIQ a également suggéré de recourir systématiquement aux enquêtes de crédit et d'exiger le paiement d'un mois de loyer à l'avance.
L'offensive des propriétaires n'impressionne pas le bureau du ministre. «La Régie du logement sera là s'il y a des hausses abusives et que propriétaires et locataires ne s'entendent pas», commente l'attaché de presse du ministre Fournier, Stéphane Gosselin.
Il reconnaît cependant que la confection d'une politique de l'habitation est plus longue que prévu. «On espère la déposer au début de l'année. Il y a plusieurs ministères à consulter, il faut passer au Conseil du trésor», observe M. Gosselin.
Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) dénonce la position de la CORPIQ et invite les propriétaires et les locataires à attendre les vrais indices de hausses de loyer de la Régie, rendus publics en janvier. «C'est indécent, dans le temps des Fêtes, d'inciter leurs membres à hausser abusivement les loyers», s'insurge le porte-parole du RCLALQ, André Trépanier, jugeant paradoxale la position des propriétaires en faveur d'une déréglementation du prix des loyers alors qu'ils réclament une «réglementation» pour les assistés sociaux.
Tentant lui aussi de calmer le jeu pour éviter une panique des locataires, le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) parle quant à lui d'une manoeuvre d'intimidation des propriétaires. «Ils se plaignent le ventre plein. Depuis 2000, les hausses réelles de loyers sont non seulement plus importantes que celles permises par la Régie, mais aussi plus élevées que l'inflation», dénonce le porte-parole du FRAPRU, François Saillant, rappelant que les loyers montréalais ont augmenté en moyenne de 13 % entre 2000 et 2003.
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Le jeudi 16 décembre 2004 10:00

