Superpages s'incline
Mots clés : superpages, emploi
En trois jours, le Québec aura perdu près de 1000 emplois avec l'annonce de la fermeture de sept usines et d'un recentrage d'activités. Dernière en lice, SuperPages a baissé pavillon face aux Pages Jaunes en annonçant hier interrompre la publication de 32 de ses annuaires téléphoniques, dont ceux des grands marchés de l'Est canadien, ce qui coûte l'emploi à 500 personnes au Canada, dont 167 au Québec.
Depuis son creux de mai dernier, le dollar canadien s'est apprécié d'environ 20 % face à sa contrepartie américaine. Dans l'intervalle, selon les données du ministère de l'emploi, Emploi-Québec a reçu 260 avis de licenciement collectif entre le 1er avril 2004 et le 15 décembre 2004, touchant 16 714 travailleurs. En 2003, entre les mêmes dates, l'agence gouvernementale avait reçu 327 avis touchant 18 769 travailleurs.
Après les six usines textiles de Huntingdon (environ 700 emplois) et l'annonce lundi de la fermeture, le 23 décembre, de l'usine Dana Brake Parts (80 emplois), située dans l'arrondissement Anjou à Montréal, SuperPages en a rajouté hier en indiquant qu'elle cessera la publication de 32 éditions de ses annuaires téléphoniques en 2005 et 2006. Ce recentrage implique l'élimination de 500 emplois au pays, dont 167 au Québec.
La majorité des employés touchés sont localisés à Mississauga, en banlieue de Toronto. À Montréal, 118 personnes perdent leur emploi, en plus de 18 à Québec. Le bureau de Rimouski reste ouvert mais voit ses effectifs passer de 56 à 25.
Dans l'Est canadien, les annuaires touchés sont notamment ceux de Montréal, Québec, Saint-Hyacinthe, Granby et Sherbrooke ainsi que celui de la Mauricie. En Ontario, la liste comprend ceux du Toronto métropolitain et d'Ottawa alors que, dans les provinces de l'Atlantique, le couperet tombe sur les annuaires de Moncton et d'Halifax. L'entreprise qui édite les annuaires Pages Jaunes de Telus continuera de les publier en Colombie-Britannique, en Alberta et dans l'est du Québec. Elle entend ainsi se concentrer sur sa «véritable force: publier des annuaires téléphoniques pour [ses] marchés principaux et offrir [son] annuaire national en ligne».
L'annonce par SuperPages de ce retrait des marchés dominés depuis longtemps par Bell Canada et le groupe Pages Jaunes survient alors que l'entreprise vient de changer de main pour une deuxième fois en trois ans. Le géant américain Verizon Communications a vendu ses activités canadiennes d'annuaires téléphoniques au fonds d'investissement Bain Capital pour 1,54 milliard $US en septembre dernier dans le cadre d'une transaction qui, selon les rumeurs, aurait également intéressé Pages Jaunes.
Verizon avait acheté SuperPages Canada de Telus trois ans plus tôt au prix de 520 millions $US. SuperPages et Telus poursuivent depuis leurs activités séparément, même si les deux entreprises demeurent étroitement liées par un contrat d'édition exclusif pour les annuaires. SuperPages avait entrepris en 2003 de distribuer gratuitement des millions d'annuaires dans des marchés où elle se retrouvait en concurrence directe avec Pages Jaunes, distributeur exclusif des annuaires de Bell Canada.
En septembre 2002, la société-mère BCE avait vendu ses Pages Jaunes à la banque d'affaires Kohlberg Kravis Roberts, de New York, et à la caisse ontarienne TEACHERS, pour trois milliards. L'entreprise est devenue Fonds de revenu Pages Jaunes en août 2003 dans le cadre d'une émission de un milliard, devenant la plus grosse opération du genre pour une fiducie de revenu.
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